Régions

GRAND LYON Une politique de l’eau sous pression

Mots clés : Eau - Energie renouvelable - Travail

Intitulée « L’eau est un bien commun », la politique publique de l’eau du Grand Lyon (« Le Moniteur » du 24 octobre 2008, p. 43) est encadrée par le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux et l’Agenda 21. Elle se décline en six thèmes : préservation des milieux aquatiques et de la ressource en eau ; garantie de l’alimentation en eau potable ; lutte contre les pollutions ; maîtrise des eaux pluviales urbaines et périurbaines ; amélioration de la connaissance, des suivis et des évaluations des impacts de l’agglomération sur l’homme et son environnement ; enfin, contribution à l’atteinte des objectifs de l’ONU pour le développement.

Des engagements ambitieux

La direction de l’eau du Grand Lyon, soumise à une forte pression, a traduit ces objectifs en engagements sur la période 2009-2011. « Nous nous sommes engagés à certifier notre système de management intégré Qualité-Sécurité-Environnement pour la fin de l’année 2011 avec une première certification ISO 9001 imminente », confirme Denis Hodeau, directeur de l’eau et de l’assainissement du Grand Lyon.

Parmi les objectifs, on retiendra plus spécifiquement la sauvegarde du captage de Crépieux-Charmy, la mise en conformité de tous les systèmes d’assainissement à la fin de 2011, le maintien du bon état du patrimoine « eau et assainissement » et la réduction des pollutions à la source. Les investissements sont au niveau de l’ambition ; ils s’élèvent à 90 millions d’euros en 2009 (75 millions pour l’assainissement et 15 millions pour l’eau potable), dont 50 % pour les seules stations d’épuration de La Feyssine et de Saint-Fons.

L’effort sera maintenu pour 2010 et 2011 avec 75 millions d’euros pour la station de La Feyssine et 60 millions pour celle de Saint-Fons. Les investissements seront rééquilibrés à partir de 2012 au profit des réseaux (eau potable et d’assainissement).

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

VAULX-EN-VELIN/VILLEURBANNE Une station respectueuse de l’environnement à La Feyssine

> Dans le cadre de sa politique de l’eau, le Grand Lyon construit une nouvelle station d’épuration (300 000 équivalents habitants ou 91 000 m3 d’eau usée/jour) à La Feyssine. Elle va être édifiée sur quatre hectares « d’un terrain improbable » selon Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, situé à cheval sur Vaulx-en-Velin et Villeurbanne, entre le périphérique et le canal de Jonage. Cette usine soulagera la station existante de Saint-Fons. D’un coût de 66,5 millions d’euros (process et génie civil), elle sera réalisée en quarante mois par le groupement Degrémont (Suez) pour l’ingénierie, GFC Construction pour le génie civil et Jean-Loup Patriarche pour l’architecture.

« Inscrite dans une démarche de développement durable, cette usine se situe à la croisée de deux enjeux majeurs, insiste Jean-Paul Colin, vice-président du Grand Lyon, en charge de la politique de l’eau. Renforcer la capacité d’assainissement de l’agglomération et respecter les exigences de la démarche pionnière en matière d’Agenda 21 fixé par le Grand Lyon. » Cette station est donc placée sous le double signe du respect de l’environnement (ouvrages fermés, préservation de la biodiversité, intégration paysagère) et de la réduction de ses consommations par l’utilisation de ses ressources propres (récupération de chaleur, panneaux photovoltaïques, valorisation des boues).

Le marché se compose d’une tranche ferme, en cours, et de trois tranches conditionnelles. Les deux premières tranches concernent les installations (digesteur, gazomètre, sécheur) pour un traitement complémentaire et la valorisation des boues et la création d’une aire de dépotage. Leur réalisation attend une autorisation de la Drire avant octobre 2009. La troisième tranche concerne une plateforme de recherche/expérimentation dans le traitement des eaux résiduaires (à l’horizon 2010). La nouvelle station comportera notamment un bâtiment de prétraitement et de relevage enterré de 8 m, trois lignes de bassins de traitement biologique et un bâtiment de traitement des boues. « Les ouvrages sont implantés le long du boulevard périphérique à un niveau de terrassement situé à 7 m en contrebas de la chaussée, qui justifie la réalisation d’un blindage de type berlinoise tirantée exécuté sur les 250 m des bassins », explique Marc Olivier, directeur du chantier (GFC Construction).

« Nous portons une attention particulière à l’environnement », estime Marc Olivier. En préalable, le terrain, ex-décharge sauvage, a nécessité une dépollution sourcilleuse. Sa situation face aux champs captants de Crépieux-Charmy justifie le traitement des eaux pluviales et des eaux usées, via deux stations, la récupération, l’évacuation et le traitement des eaux de lavage des bennes à béton et des toupies avant évacuation. Enfin, la nappe est régulièrement surveillée avec le prélèvement et l’analyse d’échantillons dans les trois piézomètres du chantier.

ENCADRE

SAINT-FONS Une mise aux normes d’exception dans un site très contraint

> La station d’épuration Saint-Fons (Rhône) dans l’agglomération lyonnaise est actuellement en travaux. Mettre aux normes une station d’épuration d’une capacité de près de 1 million d’équivalents/habitants dans un site très contraint exige une préparation sans faille pour optimiser l’intégration du process au génie civil et la programmation des travaux. Un véritable défi pour OTV (process), mandataire d’un groupement, et Léon Grosse (génie civil TCE).

« Le génie civil de cette station est une bonne vitrine du savoir-faire de Léon Grosse », affirme Olivier Potreau, directeur de travaux génie civil sur le chantier. L’entreprise familiale est heureusement forte de l’expérience acquise sur de gros projets du syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne. Le secret ? La mise en commun des compétences et des moyens du secteur travaux publics-génie civil qui intervient sur la France entière, et de l’agence bâtiment de Lyon, dirigée par Jacques Creton, qui apporte ses meilleures équipes de gros œuvre et sa maîtrise du tous corps d’état, démontrée sur des ouvrages exceptionnels tels que le Zénith de Saint-Etienne.

« Les équipes de travaux publics ont développé des méthodes constructives efficaces en matière d’ouvrages de génie civil hydrauliques de grandes dimensions, souligne Claude Letey, directeur national travaux publics de Léon Grosse. La reconversion sur la problématique station d’épuration d’équipes rodées aux chantiers de barrages, d’usines hydroélectriques et d’écluses, lorsqu’ils se sont raréfiés en France, a permis des succès techniques immédiats. »

Les grands enseignements mis en œuvre à Saint-Fons concernent l’étanchéité, par le béton armé seul, des bassins ou parties d’ouvrage destinés à être mis en eau. « Les calculs conduits à la fissuration préjudiciable y contribuent mais la formulation des bétons et la qualité de leur mise en œuvre davantage encore », affirme Mikael Lorin, directeur du chantier.

Reprises de bétonnage et amélioration du process

Les reprises de bétonnage intègrent des feuillards. Le nombre des reprises horizontales est grandement réduit par le coffrage et le bétonnage toute hauteur de voiles de 8 à 10 m de haut. Les reprises verticales, entre phases successives de voiles, sont coffrées par un outil astucieux conçu par l’entreprise.

La technicité du chantier porte également sur la complexité des phasages et leur bonne coordination avec les sujétions de réservation, d’approvisionnement, de pose et de scellement du lot process. Une attention particulière est portée à la pose des dalles préfabriquées Biostyrs®, avec une tolérance de plus ou moins deux millimètres indispensable à leur bon fonctionnement.

Enfin, la construction fortement anticipée des grands carneaux de liaison a contribué à la libération précoce d’espaces utiles au bon enclenchement des lots du process. Autant de points soumis à la vigilance de Marc Chambon, responsable du projet pour OTV (Veolia Environnement), qui se montre satisfait des résultats.

Côté process, la mise aux normes comporte trois étapes principales, avec le traitement de l’azote mis en œuvre à l’aval des ouvrages existants, les traitements des eaux de temps de pluie et des boues produites. Parmi les travaux à réaliser figurent également la ventilation et la désodorisation des nouveaux ouvrages, la supervision centralisée pour l’ensemble du site, l’intégration des nouveaux ouvrages dans le dispositif d’autosurveillance, l’insertion dans le site et le traitement architectural en réponse à l’exigence de DHA en matière de façade.

Avance sur le planning

Une nouvelle unité de seize filtres biologiques de type Biostyr® de 173 m2 unitaire traite l’azote. Outre l’efficacité adaptée aux effluents de la station, cette technologie assure la maîtrise des nuisances olfactives, et offre une compacité des ouvrages bienvenue pour respecter les contraintes d’implantation et d’environnement du site.

Quatre files de décantation lamellaire de type Multiflo® – à la compacité essentielle sur le site de Saint-Fons et à temps de réponse instantanée – traitent les eaux pluviales. Ces ouvrages ont la capacité de traiter jusqu’à 12 000 m3/ h d’excédents d’eaux par temps de pluie; des excédents non acceptés sur l’usine existante.

Avec des premiers bétons coulés le 25 novembre 2008, les ouvrages sont aujourd’hui en avance « d’un bon mois » sur le planning contractuel, malgré quatre semaines d’intempéries. Au point que les premiers essais de remplissage des bassins ont commencé. L’anticipation réussie par Léon Grosse donne le sourire à OTV engagé dans ses phases techniques.

ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Grand Lyon (direction de l’eau).

Maîtrise d’œuvre : Merlin (mandataire)/DHA (architecte).

SPS : Becs.

Contrôle : Socotec.

Groupement : OTV (mandataire)-Léon Grosse.

Montant du marché (groupement) : 54,7 millions d’euros.

Délai (préparation comprise) : trente-cinq mois.

Sous-traitants principaux de Léon Grosse : DFC Battage (palplanche), Moulin TP (terrassement), Sendin (armatures), Jalmat (étaiement), Soredal (radier/plancher).

Effectif moyen avec encadrement : 120 personnes.

Volume de béton : 22 000 m3.

Quantité HA/TS : 1 600 tonnes.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X