Métier

Ginger CEBTP passe à la vitesse supérieure

Mots clés : Conception

Après l’intégration de Burgeap, l’ingénieriste prescripteur vise les 200 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2020.

Le sol, le matériau, la structure… C’est sur ces éléments fondamentaux de la construction que s’est bâtie la réputation de l’expert prescripteur Ginger CEBTP, fondé en 1933. Le rachat en avril dernier du célèbre ingénieriste Burgeap a élargi son champ d’intervention à l’environnement, l’air et l’eau… Des domaines qu’il couvrait déjà, mais de manière partielle. « Nous maîtrisons désormais l’ensemble des problématiques du terrain, du sol et de la construction durable », se félicite Philippe Margarit, le P-DG de Ginger CEBTP. Cette complémentarité joue à fond la carte des synergies : chaque entité va profiter du carnet d’adresses de l’autre pour attaquer des marchés en commun. Les premiers effets de cette stratégie se sont rapidement fait sentir. « Quinze jours après notre rapprochement, nous avions déjà des remontées de devis positives, explique Philippe Margarit. J’estime à plus de 10 % les gains de croissance interne simplement liés à cette synergie. »

Des médecins multispécialistes.

Avec ce rachat, le groupe, qui réalise désormais 150 millions d’euros de chiffre d’affaires (CA), change de dimension. « Nous allons pouvoir aborder des opérations encore plus grosses, plus complexes et plus internationales », prédit le P-DG, qui estime que les expertises environnementales de Burgeap (10 % de son CA à l’export) sont plus facilement exportables que les expertises historiques de Ginger CEBTP, intimement liées aux règles et normes nationales. Le nouvel ensemble n’abandonnera toutefois pas son cœur de marché, constitué d’une très large granulométrie d’affaires, « s’étalant de 100 euros (une analyse en laboratoire d’un sondage) à plus d’un million d’euros (études géotechniques à grande échelle, par exemple sur la ligne 17 de métro du Grand Paris Express) ».
Culturellement, la greffe devrait prendre facilement. Car les 900 ingénieurs que compte le nouvel ensemble (sur 1 500 salariés) sont autant de « médecins de la construction ou de l’environnement », comme aime les définir Philippe Margarit. Intervenant aussi bien dans le préventif que le curatif, ces « multispécialistes » représentent une centaine de métiers : chimistes, physiciens, géotechniciens, acousticiens… Cette multitude travaille selon une chaîne de valeur unique fondée sur les actes de prélever, analyser, diagnostiquer et recommander. Pour réaliser ces prestations, Ginger CEBTP dispose de 35 laboratoires en métropole et d’un parc matériel très important, constitué de 120 machines de sondage. Une particularité qui le distingue des ingénieristes classiques, tournés vers la prestation intellectuelle pure.
Soutenu par ses actionnaires, qui le « laissent investir pour la croissance » (en 2015, Ginger CEBTP a acquis les start-up Modeliris et Vecteur Scan, spécialisées dans la modélisation 3D des ouvrages par drone et la détection des réseaux souterrains), Philippe Margarit s’est donné pour objectif d’atteindre 200 millions d’euros de CA en 2020, en maintenant un taux de marge opérationnelle déjà très élevé – près de 10 %. En cinq ans, il s’agit donc de doubler l’activité de 2015. Avec Burgeap, la moitié du chemin a été parcourue. Pour les 50 millions d’euros restants, outre les synergies internes, le P-DG mise sur la croissance externe, notamment à travers l’acquisition d’expertises de niche. « Le secteur sait que nous sommes acheteurs, les dossiers nous arrivent et nous les regardons », conclut Philippe Margarit, serein.

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