L'essentiel

Géothermie : élargir le cercle des convaincus

Mots clés : Energie renouvelable - Fiscalité

Destinée essentiellement au marché du neuf, exigeante au plan technique, contraignante en termes de mise en œuvre, « oubliée » par la distribution, la géothermie, qui bénéfice d’un crédit d’impôt rehaussé en 2010, parviendra-t-elle à élargir son cercle d’adeptes et à se démocratiser ?

1 Un contexte favorable ?

Grenelle oblige, les pouvoirs publics affichent un discours volontariste à l’endroit des énergies renouvelables en général et particulièrement sur les filières de production de chaleur. Conscient d’avoir à les soutenir au même titre que les énergies productrices d’électricité « verte », le ministère de l’Ecologie, de l’Environnement, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM) a établi une feuille de route ambitieuse. Il s’agit d’augmenter de 10 MTep la production de chaleur issue des filières renouvelables d’ici à 2020. Un objectif inscrit dans la programmation pluriannuelle des investissements, au sein de laquelle la géothermie, toutes applications confondues, figure en bonne place. Les PAC ont donc leur rôle à jouer dans l’atteinte des objectifs visés par le MEEDDM : en 2020, 2 millions de foyers devront en être équipés (tous types confondus) ; par ailleurs, 15 Mm2 du secteur tertiaire devront être chauffés par des PAC géothermiques.

Représentant en 2009 quelque 8 % du volume des ventes en France – 14 000 pièces, selon l’Association française pour les pompes à chaleur (Afpac) -, les PAC géothermiques (sol/eau, sol/sol, eau/eau, eau glycolée/eau) bénéficient d’un traitement de faveur depuis le 1er janvier dernier : non seulement le crédit d’impôt qui leur est affecté est de 40 % (contre 25 % désormais aux PAC air/eau), mais un autre crédit d’impôt, également de 40 %, vise dorénavant la fourniture et la pose du système de captage (horizontal ou vertical). De quoi susciter a priori un regain d’activités pour la filière. Mais plus qu’un dispositif fiscal incitatif, c’est une réelle stabilité que les professionnels disent réclamer : « Nous avons besoin, installateurs comme fabricants, d’une visibilité de long terme, estime Emmanuel Laurentin, conseiller « PAC » au sein de l’UNA-CPC de la Capeb. Alors que nous voyons parfois s’appliquer des arrêtés ministériels à effet rétroactif [en référence à la révision du tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque – ndA]. » Une demande partie pour être de nouveau foulée aux pieds, puisqu’il est question, à l’heure actuelle, d’une réduction du crédit d’impôt des PAC géothermiques de 40 à 36 %, dans le cadre du plan d’économies sur les niches fiscales.

2 La géothermie fait-elle peur ?

Majoritairement mise en œuvre dans le neuf, la géothermie sur PAC est soumise à un degré d’exigences qui peut-être la handicape par rapport aux autres technologies disponibles (air/eau, notamment). L’une des raisons étant la pose du capteur de calories en sous-sol, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un forage vertical. Une opération qui requiert l’intervention d’une entreprise spécialisée, rendant la conduite de chantier plus complexe au plan administratif. Sans parler des problèmes de répartition de responsabilité en cas de sinistre…

Pour l’heure, une petite centaine d’entreprises de forage sont répertoriées et recommandées aux installateurs par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Ces foreurs sont titulaires de l’appellation « Qualiforage », élaborée conjointement par le BRGM et l’Afpac. Plusieurs fabricants peuvent également mettre en relation leurs clients installateurs avec des foreurs « approuvés » par leurs soins. À noter que pour plus de commodités, le foreur et...

Vous lisez un article de la revue Journal du chauffage n° 175 du 01/10/2010
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