Régions Rezé

Frédéric Bonnet rêve d’une ville nature au sud de Nantes

C’est en grande partie à vélo que l’architecte-urbaniste Frédéric Bonnet (agence Obras) a fait connaissance avec le secteur Pirmil-Les Isles, quelque 150 ha sur 2 km de front de Loire entre Rezé et Nantes. « C’est un territoire tout en contraste avec des lieux merveilleux – comme les villages de Trentemoult, Norkiouse, Basse-Ile et Haute-Ile, où le paysage a beaucoup de force – et d’autres très dégradés », résume le lauréat du Grand Prix de l’urbanisme 2014. Après deux longues phases de concertation en 2015 et 2016, il a livré ses premières intentions d’aménagement. En libérant les bords du fleuve, ce projet s’appuiera sur une trame verte riche, avec la création d’un parc métropolitain à Basse-Ile, faisant écho, au nord, à celui imaginé en bord de Loire par la paysagiste Jacqueline Osty – qui vient d’être désignée avec l’urbaniste Claire Schorter pour poursuivre l’aménagement de l’île de Nantes.

Premier projet de renouvellement urbain intercommunal porté par Nantes Métropole, « Pirmil-les Isles illustre, avec l’île de Nantes et le Bas-Chantenay, notre volonté de réinventer le cœur métropolitain tourné enfin vers la Loire », déclare Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole. « C’est le début d’une nouvelle communion entre Nantes et Rezé », complète Gérard Allard, maire de Rezé. A l’horizon 2026, le nouveau tronçon de tramway devrait contribuer à mettre en relation l’île de Nantes et Pirmil-les Isles. Avec des navettes fluviales et un réaménagement plus « doux » de la zone de Pirmil et de la route de Pornic, le tramway contribuera à apaiser un quartier où la voiture est aujourd’hui prépondérante.

« Des échappées vers le grand paysage. » Côté vie économique, la zone commerciale d’Atout Sud devrait être valorisée, et quelque 2 000 emplois supplémentaires, principalement dans les services, sont envisagés. Des bâtiments tertiaires pourraient ainsi cohabiter avec des logements. Car au total plus de 3 000 habitations sont prévues, dont 2 300 dans le secteur Basse-Ile et 1 000 dans celui de Pirmil où des bâtiments de plus de 10 étages pourraient voir le jour. « Notre projet ne prévoit pas de front urbain en bord du fleuve, mais au contraire des échappées vers le grand paysage avec des formes urbaines très diverses », assure Frédéric Bonnet. Pour cela, l’urbaniste doit tenir compte du plan de prévention des risques d’inondation (PPRI), une partie du périmètre y étant soumis. « Quelque 10 % de la zone à construire sont en zone inondable, mais cette contrainte est aussi une opportunité pour innover », admet l’urbaniste qui a travaillé avec les services de l’Etat afin d’expérimenter un changement de doctrine en adoptant « une logique d’adaptation plutôt que d’interdiction ».

Mais le risque principal vient des airs. Par sa proximité avec l’aéroport de Nantes Atlantique, une grande partie du périmètre d’étude est aujourd’hui classée en zone C du plan d’exposition au bruit. Si les opposants au transfert de l’aéroport gagnent la bataille, le projet pourrait être sérieusement revu à la baisse. Pour éviter ce risque, la future ZAC sera réduite et concentrée sur deux secteurs libres de toutes contraintes, dont les 13 ha du site des abattoirs qui vient d’être démoli et dépollué.

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