Annuel aménagement Avis d'expert

Franklin Azzi, architecte « Les maîtres d’ouvrage doivent proposer des bureaux exceptionnels »

Mots clés : Architecte - Maîtrise d'ouvrage

Où se situe la performance dans les bâtiments tertiaires aujourd’hui ?

La performance est à la fois visible et invisible. Visible dans les brise-soleil ou les panneaux photovoltaïques. Invisible sous des couches d’isolation thermique ou derrière des faux plafonds techniques. Les parties non-visibles représentent 35 % du budget d’une opération. Cet argent doit réapparaître dans l’architecture. Il faut moins de machinerie énergivore et plus de ventilation naturelle, moins de matériaux de second œuvre, sujets à maintenance, et plus de parements à la fois bruts et fonctionnels, pour le confort acoustique des espaces communs, par exemple. Les maîtres d’ouvrage doivent proposer des bureaux exceptionnels, faute de quoi ils rejoindront les milliers de mètres carrés actuellement à vendre ou à louer.

Quelles conséquences ont les réglementations techniques et les certifications environnementales ?

Les réglementations thermique, acoustique, incendie, accessibilité ou sismique améliorent la qualité architecturale, mais indépendamment. Car lorsqu’elles se croisent, elles ne se mettent pas forcément au diapason. Il faut ainsi proscrire les balcons qui génèrent des ruptures de ponts thermiques et les ouvrants de confort qui laissent entrer le bruit d’un boulevard en même temps que l’air frais. L’architecte consacre aujourd’hui une bonne partie de son activité à trouver des astuces aux textes réglementaires et à cocher les cases de toutes les certifications environnementales qui existent dans le secteur tertiaire (HQE, Breeam, Leed) et qui sont nécessaires dans le cas de bureaux neufs projetés sans acheteur précis.

La mixité programmatique : évolution ou révolution ?

L’évolution vers une mixité programmatique s’avère complexe. Entre le tertiaire et le résidentiel par exemple, les réglementations techniques et les certifications environnementales diffèrent. Ces deux programmes ne nécessitent pas la même masse structurelle, ni les mêmes réseaux de fluides. Si l’on pouvait effectuer un transfert de chaleur entre des bureaux qui en produisent le jour et des logements qui en ont besoin la nuit, alors là on pourrait parler de révolution.

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