Architecture Technique Travaux souterrains

Forage à la tarière tubée pour un mur périphérique

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Travaux publics

Une paroi étanche en 228 pieux sécants de 12 m de profondeur protège 3 niveaux de sous-sol.

Conjuguer la technique du forage tubé et celle de la tarière creuse. C’est la solution choisie par le promoteur M & A pour réaliser trois niveaux de sous-sol sous une résidence de 52 logements à Montpellier (Hérault). La présence d’une nappe à 4 m sous le terrain naturel imposait la réalisation d’une paroi étanche. La solution de la paroi moulée s’avérant trop coûteuse, le maître d’ouvrage a opté pour une paroi de pieux sécants. Problème : comment garantir la verticalité des pieux sur une profondeur de 12 m, nécessaire à la réalisation de trois niveaux de parking et à l’ancrage des pieux dans le sol ? « Les techniques traditionnelles permettent de garantir le bon recouvrement des pieux sur un à deux niveaux de sous-sol, commente Grégory Souède, du bureau d’études géotechniques EGSA BTP. Au-delà, le risque de venues d’eau entre les pieux devient important. »

La réponse est venue d’une entreprise des Pyrénées-Orientales experte en fondations spéciales, Bellmas SEE. Conseillée par son fournisseur, l’Allemand Liebherr, celle-ci a proposé un forage à la tarière tubée, une technique courante en Allemagne mais peu utilisée en France. Tube et tarière sont montés sur une table à double rotation. Cette pièce permet de visser simultanément les deux éléments dans le sol en les faisant tourner en sens inverse. Elle permet aussi de les dissocier si nécessaire. « La double rotation atténue les efforts de frottement, ce qui permet de limiter la puissance hydraulique requise et d’avoir un encombrement réduit, souligne le gérant Bruno Bellmas. Nous pouvons travailler à 20 cm d’une façade. » La solution présente un autre avantage : elle permet d’éviter toute déviation en cours de forage. « Le tube étant indéformable, sa verticalité peut être contrôlée à tout moment et rectifiée si nécessaire », indique Bruno Bellmas.

Plus économique et plus écologique.

Les déblais sont extraits par les hélices de la tarière et remplacés par du béton, injecté au travers de l’âme de la tarière. Le ferraillage est ensuite introduit en force dans le béton frais à l’aide d’une mini-pelle. Les 228 pieux, d’un diamètre de 420 mm, sont coulés au rythme d’une vingtaine par jour. Ils sont ensuite liaisonnés par une poutre de couronnement de 1,50 m. L’ouvrage, à l’instar d’une paroi moulée, sert à la fois de mur de soutènement, de mur périphérique en sous-sol et de fondation pour l’immeuble. « Cette solution coûte 40 % moins cher qu’une paroi moulée, estime Xavier Bringer, DG de M & A Promotion. En outre, la machine à forer est autonome, alors que la réalisation d’une paroi moulée aurait exigé une puissance électrique de 250 kVA, ce qui nous aurait obligés à installer trois transformateurs mobiles. » « La solution de paroi moulée présente un autre inconvénient, précise François-Xavier Grenier, directeur technique du bureau d’études SCIB Méditerranée, maître d’œuvre d’exécution : le rejet dans le milieu des eaux utilisées pour laver la boue de forage. La technique des pieux sécants est plus propre : nous n’avons à extraire que la terre du site. »

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : M & A Promotion. Architecte : MN-Lab. Maîtrise d’œuvre d’exécution : SCIB Méditerranée. Bureau d’études sols : EGSA BTP. Gros œuvre et fondations : Aris Construction. Paroi de pieux sécants : Bellmas SEE (Argelès-sur-Mer). Livraison : juin 2017.

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