Enjeux

Fondeville, du Train jaune au TGV

Mots clés : Enfance et famille - PME - Transport ferroviaire

Créée il y a plus d’un siècle, la PME languedocienne n’a jamais rompu avec sa culture familiale.

L’entreprise chargée de la construction de la gare TGV de Montpellier est une PME familiale de 400 salariés ! En effet, la PME SA François Fondeville, associée pour la circonstance à Icade Promotion et aux architectes Marc Mimram et Emmanuel Nebout, a signé, le 4 février, un contrat de partenariat avec SNCF Réseau pour ce chantier de 70 millions d’euros obtenu face à trois majors (1). L’opération est d’autant plus emblématique qu’elle marque pour Fondeville un retour aux sources. L’entreprise, créée en 1910 à Ria (Pyrénées-Orientales) par Raymond Fondeville, fils d’un tâcheron catalan, s’est d’abord développée grâce à la construction de la ligne ferroviaire de Cerdagne — le fameux Train jaune — et des équipements qui l’ont accompagnée : ponts, barrages, centrales hydroélectriques. « Sans les chemins de fer, nous ne serions pas devenus entrepreneurs », dit aujourd’hui Raymond Fondeville, P-DG et petit-fils du fondateur.

La force du clan.

Née dans la vallée de la Têt, l’entreprise a progressivement élargi son territoire au département des Pyrénées-Orientales, puis à la région Languedoc-Roussillon, avant d’essaimer jusqu’à Marseille où elle réalise désormais 30 % de son activité. Si la dimension a changé, le management est resté familial. Le comité de direction, de cinq membres, réunit le P-DG, son épouse Catherine, ses sœurs Marie-Françoise et Hélène et, depuis 2005, un « étranger », Didier Corbel, directeur délégué. « Il a fallu une période d’adaptation, admet-il. J’amenais un air extérieur. » « Intégrer quelqu’un qui n’était pas de la famille nous a demandé aussi un effort », souligne Marie-Françoise Fondeville, directeur général. L’entreprise, qui compte deux autres membres de la famille, dont un représentant de la quatrième génération, a fait de ce fonctionnement clanique une force. « Tout le monde parle le même langage, et nous pouvons réagir très vite. Par rapport à une organisation hiérarchisée, c’est le jour et la nuit », constate Didier Corbel, qui a fait ses armes chez Eiffage.

L’entreprise réalise 30 % de son chiffre d’affaires via des procédures de type PPP ou conception-réalisation. Elle a notamment construit, avec Jean Nouvel, le théâtre municipal de Perpignan, premier établissement culturel réalisé en PPP. La réalisation de la gare TGV de Montpellier marque une nouvelle étape dans cette voie. Fondeville s’attache aussi aujourd’hui à sécuriser son activité. « Nous cherchons à structurer notre organisation, à anticiper sur les risques et à cibler les opérations, explique Raymond Fondeville. L’objectif n’est pas de croître à tout prix. Mais nous restons opportunistes. »

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ENCADRE

Les filiales du groupe Fondeville : François Fondeville (bâtiment, génie civil), Py (restauration de monuments historiques), Agir (promotion immobilière), Casting (agence immobilière), Arrelia (gestion de résidences). CA 2014 (consolidé) : 144 millions d’euros. Effectif (groupe) : 543 salariés.

(1) Eiffage, Bouygues et Demathieu Bard.

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