Technique et chantier

Fluvial La CNR veut devenir producteur indépendant d’électricité

Mots clés : Electricité - Transport fluvial

-Après l’annulation du projet Rhin-Rhône, la CNR entend revenir à ses métiers traditionnels.

Après l’enterrement du canal Rhin-Rhône, la Compagnie nationale du Rhône (CNR), en fidèle concessionnaire, s’interdit de juger les raisons du gouvernement et se tourne vers l’avenir, sans états d’âme. Dans l’immédiat, elle est surtout soucieuse d’être indemnisée : 70 millions de francs au titre des études du canal ; sans oublier les acquisitions foncières, 270 hectares acquis (700 ha acquis par l’Etat), qui se monteraient à plusieurs centaines de millions de francs. Autre préoccupation : la prise en charge par l’Etat des 50 agents du bureau d’études de la CNR mis à la disposition de la Sorelif, filiale à 50/50, constituée avec EDF pour réaliser le canal. En effet, l’activité d’ingénierie de la CNR, en France et à l’étranger, ne permet pas d’absorber le retour de ces agents. Ils représentent la moitié des effectifs du bureau d’études (sur un effectif total de 650 salariés). Le président de la Compagnie nationale du Rhône, Jean-Pierre Ronteix, a expliqué aux actionnaires de la CNR et au conseil d’administration que « ce véritable traumatisme peut être surmonté avec sérénité, à condition que soient définies des perspectives d’avenir ». Message adressé directement à l’Etat qui, semble-t-il, l’a entendu. Une « mission interministérielle sera mise en place afin d’examiner l’ensemble des conséquences de l’abandon du projet ». Réaffectation des ressourcesLa CNR, comme le gouvernement, estime qu’il faut engager sans tarder la réaffectation des ressources : « On porte ce projet Rhin-Rhône sur nos épaules depuis vingt ans au détriment d’autres activités », observe Jean-Pierre Ronteix. Priorité est ainsi donnée au recentrage sur les missions traditionnelles de la Compagnie (exploitation portuaire, navigation fluviale, ingénierie) ; une démarche stratégique qui devrait contribuer à assainir la situation financière de la société, en léger déficit de 6 millions de francs en 1996 pour un chiffre d’affaires de 1,7 milliard de francs. Mais l’objectif est surtout de devenir « un vrai producteur d’électricité, indépendant et rentable ». En profitant, notamment, de la libéralisation européenne du marché de l’électricité. La Compagnie assure actuellement le quart de la production hydro-électrique et 4 % de la production d’électricité en France. Une activité (525 millions de francs de recettes prévus en 1997) qu’elle entend conforter. A condition que l’Etat lui en donne les moyens. Ce dernier devra alors arbitrer entre la CNR et EDF sur la fameuse « rente du Rhône » ; autrement dit, déterminer le niveau de recettes de production hydroélectrique qui revient à chacune des deux entreprises, compte tenu des investissements effectués et revendiqués par EDF pour l’équipement de production qui totalise dix-huit usines. Aujourd’hui, après l’abandon de la liaison Saône-Rhin, cette rente est de nouveau à affecter ; avec l’aval de l’Etat et, sans doute, du Parlement. PHOTO : La CNR et Voies navigables de Franceont cofinancé le concours Transbord 95, dont le lauréat a été Lafarge Ciments (installations portuaires de la cimenterie du Teil, en Ardèche).

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