Territoires Bordeaux rive droite

Feu vert à la ZAC Bastide Niel

«Le temps de la rive droite est venu », déclarait récemment Alain Juppé. Les projets en bordure de Garonne ont largement transformé la rive droite, dont la ZAC Cœur de Bastide, qui vient de s’achever. La nouvelle ZAC de Bastide Niel, de dimension similaire, a fait l’objet d’une concession d’aménagement confiée par la métropole en juillet 2014 au groupement formé par la seml Bordeaux Métropole Aménagement (BMA), les bailleurs sociaux Domofrance, Aquitanis, et l’architecte-urbaniste Winy Maas (MVRDV). « Nous sommes prêts à lancer les premières opérations, la métropole vient d’approuver le dossier de réalisation de la ZAC fin mars », explique Pascal Gérasimo, directeur général de BMA. Les grands principes en sont connus : un vaste secteur de 35 ha abritant deux friches majeures : un faisceau de voies ferroviaires inutilisées et l’ancienne caserne Niel où a émergé le projet Darwin en constante mutation. Objectif : 140 îlots, de 500 à 12 000 m2 dont 70 seront dédiés au logement (3 400 logements prévus, 238 000 m2). Pas moins de 126 architectes seront mobilisés dans le cadre du plan guide de Winy Maas (MVRDV). « Je suis très fier de ce projet, explique celui-ci. Cette année, nous avons utilisé les critiques positives pour faire jouer les deux rives ensemble, utiliser différentes techniques d’urbanité. Nous voulons une ZAC habitée et douce, avec des gens dans la rue, une ville dense où chaque opération doit être unique, intime, le tout très vert, avec une véritable ambition en matière d’énergie verte. Nous voulons aussi faire entrer la lumière dans tous les logements jusqu’au rez-de-chaussée. »

Des îlots pilotes lancés.

L’urbaniste veut faire un atout des contraintes : « L’existant ce sont les rails, les plates-formes et la caserne. Je ne choisis pas, chaque îlot est formé par son histoire. Nous allons tailler la volumétrie par des toits en pente pour faire entrer le soleil et assurer une bonne ventilation dans les logements dans la profondeur des bâtiments, qui seront également couverts de panneaux photovoltaïques. » Des espaces publics très plantés, jalonnés de miniparcs (parc 3D), une vraie collection d’arbres de 1 500 essences et de tailles variées ; une circulation limitée à 30 km/h pour une part modale de la voiture limitée à 20 % ; un parking silo, une place d’armes, une halle de marché et une dizaine de placettes complètent le plan initial pour un investissement de 153 millions d’euros HT, dont 72 millions pour les aménagements et 50 millions pour le foncier. Les premiers îlots pilotes ont été lancés : un projet Bord’Ha d’habitat participatif (6 logements et bureaux pour 600 m2) ; la transformation des magasins généraux sud de la caserne Niel (8 700 m2) avec notamment une école privée et une auberge de jeunesse de 33 chambres ; un hôtel économique de 130 chambres et un groupe scolaire ; et deux programmes de logements sociaux (réalisés par Domofrance et Aquitanis) jouxtant le programme privé Tête noire proche des quais de Garonne.

Logements en accession libre.

Ce premier programme privé fait déjà la surprise, puisque deux finalistes au lieu d’un viennent tout juste d’être sélectionnés, comme l’explique Pascal Gérasimo (BMA) : « Après l’audition, le 3 mai dernier, des deux équipes retenues pour réaliser un bâtiment de logements en accession libre dans l’îlot Tête noire, il a été décidé, en raison de la qualité des réponses architecturales proposées, d’attribuer un îlot à chacune des deux équipes, le groupe Launay, avec Duncan Lewis Scape Architecture, qui réalisera l’îlot Tête noire initialement prévu, avec 51 logements. La seconde équipe, le groupe Pichet avec Winy Maas (MVRDV), réalisera une opération équivalente de logements plus en aval sur le quai de Queyries, avec un prévisionnel de 55 logements. »

Outre 25 000 m2 de surfaces commerciales, la ZAC devrait accueillir l’Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux.

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Les premiers permis de construire sociaux en instruction

« Par rapport à l’équilibre qui est voulu dans l’aménagement de la ZAC, explique François Cornuz, directeur général de Domofrance, il y a pour nous celui de rester dans la cohérence d’un quartier de vie, de trouver la mixité essentielle pour permettre aux populations de vivre dans les meilleures conditions. D’où un investissement très important sur l’aménagement, ce qui relève des services, de l’accessibilité mais aussi des places et jardins et de l’animation de quartier. Le logement va prendre sa place, comme dans un cœur de quartier, mais avec ce souhait de réelle mixité entre logement privé et social. » De son côté, Aquitanis évoque la dernière étape pour retenir en juin son architecte pour commencer son projet. Les deux programmes sociaux, qui cumulent 200 logements, vont donc avancer en même temps que les 50 logements libres de Tête noire.

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