Technique et chantier

Faut-il montrer les accessoires de sécurité ?

Sécurité. Plusieurs constructeurs de matériels rendent les accessoires de sécurité plus visibles, estimant qu’ils sont ainsi plus efficaces. On en doute à l’INRS.

L’orange est la couleur adoptée pour les accessoires de sécurité montés sur les machines Volvo : poignées, rambardes et même ceinture du conducteur. Cette couleur criarde tranche avec la livrée générale de la machine, rendant l’accessoire plus visible. Le constructeur est de fait convaincu que mieux l’accessoire est vu, plus il sera utilisé. Instinctivement, l’opérateur ou le mécanicien posera son pied au bon endroit et s’accrochera là où il faut. Une affirmation dont doute Alain le Brech, responsable du pôle construction, manutention, levage et transport à l’INRS, soit l’organisme chargé d’étudier et de prévenir les accidents du travail. « Peindre les poignées et les garde-corps de couleur criarde n’est pas une idée nouvelle. Je me souviens que le terrassier Bec l’avait fait il y a une dizaine d’années. Cela a-t-il amélioré la sécurité ? Je ne sais pas, c’est invérifiable. Une chose est certaine, cependant : mieux vaut une poignée noire placée au bon endroit qu’une poignée rouge mal placée. » Dans le même temps, un autre fabricant de machines, Fayat Matériels routiers, s’est lancé dans une démarche similaire. Lors du salon Intermat 2015, qui s’est tenu à Paris en avril dernier, les machines présentées sur son stand arboraient des autocollants placés devant tous les accessoires concourant à la santé et à la sécurité. Sur une pilonneuse, par exemple, Fayat pointera le système de levage sûr pour rappeler que c’est là qu’il faut élinguer, le timon réglable pour que l’opérateur pense à l’adapter à sa morphologie ou encore le capot protecteur antibrûlure qui rappelle que la température du moteur représente un danger. « Les visiteurs ont trouvé l’idée très bonne, à tel point que nous réfléchissons à apposer ces autocollants sur nos machines de série », signale Jacques Bonvallet, directeur marketing et commercial. Or, là encore, Alain Le Brech s’avoue sceptique : « Les machines arborent déjà beaucoup de pictogrammes obligatoires et normalisés pour prévenir des risques. Avec les pictogrammes du tableau de bord, cela fait déjà beaucoup d’informations ! Faut-il en ajouter ? Il ne faut pas transformer les engins en sapins de Noël. En tout cas, le plus important reste que la signification du pictogramme soit bien comprise par l’opérateur, ce qui passe par des séances de formation. »

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