Territoires Montpellier

Farshid Moussavi fait valser les balcons de sa Folie divine

Deux tours issues du projet « Les folies architecturales du XXIe siècle » se dresseront bientôt dans le ciel de Montpellier. A quelques centaines de mètres de l’Arbre blanc, dessiné par le Japonais Sou Fujimoto (« Le Moniteur » du 12 juin 2015), la Folie divine sera l’œuvre de l’architecte anglo-iranienne Farshid Moussavi, lauréate, avec les Nouveaux Constructeurs et l’agence Coloco, d’un concours lancé en 2013 par la Ville de Montpellier et la Serm.

Le bâtiment, construit au bord du ruisseau de la Lironde, à l’entrée est de la ville, comptera neuf étages, empilés de manière aléatoire et ceinturés par des balcons filants ondulant sur des rythmes différents. Ce mouvement fluide ne résulte pas seulement d’un jeu formel, mais aussi d’une réflexion sur la « manière d’habiter ». « Nous avons voulu répondre à deux questions, explique Farshid Moussavi : comment améliorer la qualité de vie des habitants dans un immeuble résidentiel et comment relier le bâtiment à son environnement. Pour cela, il fallait permettre aux résidents de vivre à la fois dedans et dehors, leur offrir de la flexibilité et de l’intimité, des orientations variées et des vues sur la ville et sur la nature. »

Quatre appartements par plateau.

Pour atteindre ces objectifs, l’architecte a fait le choix d’une emprise au sol réduite, limitant ainsi à quatre le nombre d’appartements par plateau. Chaque logement est prolongé par un balcon à double orientation. Pour faire de ces balcons un espace unitaire et éviter les murs séparatifs, l’architecte a courbé balcons et façades. Afin d’éviter les vues entre balcons, plongeantes ou latérales, elle a fait pivoter les balcons et varier la forme des plateaux, créant ainsi une grande diversité d’espaces et d’orientations. « Nous avons banni la répétition et la rigidité pour favoriser la diversité, la flexibilité de la fluidité », commente-t-elle. Restait à donner vie à ce concept sans faire exploser les coûts. « Nous avons fait un travail important pour rendre ce projet possible, explique Fabrice Desrez, directeur général des Nouveaux Constructeurs. A titre d’exemple, une modélisation des rayons de courbure a permis de limiter à quatre le nombre des formes courbes, réduisant d’autant les types de coffrages à utiliser. Les descentes de charges ont été concentrées sur un noyau central et sur huit poteaux périphériques. Nous avons ainsi une structure continue, quelle que soit la forme des plateaux. Cette optimisation a permis de contenir le surcoût dans une limite de 10 à 15 % par rapport à un programme classique. » Les 36 logements seraient aujourd’hui précommercialisés à 50 %, sur la base d’un prix moyen de 4 600 euros/m2. Le maître d’ouvrage annonce un démarrage des travaux en octobre pour une livraison au premier semestre 2017.

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