Enjeux Entretien avec Séverine Chapus , directrice de programme urbanisme logement au Commissariat général à l'investissement.

« Faire émerger 12 territoires innovants »

Mots clés : Administrations, banques, bureaux ouverts au public - Bâtiment d’habitation individuel - Démarche environnementale - Urbanisme - aménagement urbain

Le troisième programme d’investissements d’avenir consacre 500 millions d’euros à la ville durable.

Sur les 10 milliards d’euros du troisième programme d’investissements d’avenir (PIA 3), 500 millions sont consacrés à la ville durable. Comment s’articule ce volet ?

Il se partage en deux appels à manifestation d’intérêt (AMI). Le premier, géré pour le compte de l’Etat par la Caisse des dépôts (CDC) en lien étroit avec l’Anru, a été lancé dans le courant du mois de mars et se nomme « Anru + ». Doté de 50 millions d’euros, il vise à développer l’innovation dans les quartiers d’intérêt national de l’Anru 2. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 12 mai 2017.

Le second AMI, « Territoires d’innovation de grande ambition », doté de 450 millions d’euros et géré par la CDC, a été lancé à la fin mars. Quelque 150 millions seront alloués sous forme de subventions et 300 millions de fonds propres permettront de prendre des participations minoritaires aux côtés d’investisseurs privés majoritaires sur des projets remarquables liés à l’immobilier, l’énergie, les services…

« Les projets pourront être développés autour de la santé, du risque climatique, etc. »

Quel est l’agenda opérationnel du second AMI ?

Les équipes ont jusqu’au 30 septembre pour y répondre. Nous l’avons souhaité très ouvert, puisque nous n’imposons pas de thèmes. D’ici à la fin 2017, une vingtaine de lauréats sera sélectionnée et pourra bénéficier de subventions, plafonnées à 400 000 euros, pour financer des opérations d’ingénierie. En 2018, nous lancerons des appels à projets plus sectorisés, en fonction des ambitions remontées du terrain. Ils seront ouverts à d’autres équipes que les lauréats de l’AMI pour capter des initiatives intéressantes. A la suite de ces appels à projets, une douzaine de territoires innovants émergeront.

Comment doivent être constituées les équipes ?

Nous demandons aux collectivités locales de travailler avec des partenaires privés et académiques. Dans le programme d’investissements d’avenir « Ville de demain » (2010-2017), les collectivités locales ont su nouer des partenariats avec des entreprises. Mais le monde de la recherche est resté en retrait alors que sa participation nous semble essentielle pour faire émerger des solutions véritablement innovantes et pour les évaluer. J’ajoute que le champ des sciences humaines demeure tout aussi important que celui de la recherche fondamentale. Au stade de l’AMI, les équipes devront obligatoirement compter dans leurs rangs soit des acteurs privés, soit des acteurs académiques. Au stade de l’appel à projets, ces deux composantes devront être représentées au côté des collectivités.

Quelles thématiques souhaitez-vous voir émerger ?

Nous voulons décloisonner le champ d’innovation. Nous demanderons à chaque consortium de développer un projet en fonction de l’ambition du territoire et de sa stratégie de transformation. Les projets pourront, par exemple, être développés autour de l’interface entre la ville et la santé, la résilience face au risque climatique, etc. Ce prisme fort devra donner sa cohérence au plan d’actions pluriannuel proposé, dont les leviers pourront notamment relever des secteurs de la mobilité, l’énergie, les modes constructifs, les services urbains, etc.

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