Enjeux

« Faire de la contrainte des déblais une opportunité »

Mots clés : Politique des transports

Le 21 octobre, la SGP lance un appel à solutions innovantes dédié à la gestion des déblais du Grand Paris Express.

Philippe Yvin , président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP)

Pourquoi la SGP lance-t-elle cet appel à projets (1) ?

Depuis le début du projet, la gestion des déblais est un souci constant de la SGP. Cette préoccupation s’est traduite en 2013 par la publication d’un premier schéma directeur d’évacuation des déblais qui commençait à recenser les solutions possibles de traitement. Il nous est apparu que dans un écosystème où, depuis toujours, on laisse les entreprises du BTP se débrouiller avec la gestion des déchets, nous risquions de passer à côté d’une occasion unique : transformer la contrainte des déblais en opportunité économique. C’est pour réussir ce pari que nous avons mis en place une démarche de mobilisation de l’écosystème des déblais dans laquelle s’inscrit l’appel à solutions innovantes lancé avec la région Ile-de-France et l’Ademe. Il portera sur trois volets : la traçabilité, les transports et la valorisation, qui constituent le triptyque de ma politique en matière de gestion des déblais.

Qu’en attendez-vous ?

Des réponses complémentaires, innovantes, nouvelles que nous pourrons expérimenter. Sans attendre les résultats de l’appel à projets, nous allons poursuivre la structuration de notre politique dans ce domaine. Depuis un an, nous avons bien avancé. Avec Artemis, notre assistant à maître d’ouvrage (AMO), nous avons mis au point un outil de traçabilité des déchets, déjà opérationnel sur le chantier de la gare de Fort d’Issy-Vanves-Clamart. Ce système informatique permettra de recueillir l’ensemble des données liées aux déblais depuis leur extraction jusqu’à leur destination finale avec des bordereaux que les entreprises de travaux publics devront remplir sur informatique. Cette base de données de traçabilité, disponible sur Internet, s’enrichira au fur et à mesure du chantier. Tout le processus sera transparent. Pour compléter ce dispositif, nous recruterons un AMO indépendant, qui réalisera des audits sur la manière dont les déchets sont gérés. D’ici à la fin de l’année, par ailleurs, nous publierons un portfolio des solutions.

En quoi consiste ce portfolio des solutions ?

Il s’agit d’un descriptif des solutions possibles, classées en quatre catégories : les solutions de transport alternatif, les plates-formes de transit, la valorisation matière et la valorisation volume. Ce portfolio sera alimenté en permanence.

Vous avez évoqué la valorisation volume…

Elle peut prendre deux formes essentielles : soit les aménagements urbains, soit les exécutoires, c’est-à-dire les carrières. Cette seconde solution, qui a été dénigrée, à tort me semble-t-il au regard de la qualité du travail qui est effectué aujourd’hui, ne doit pas être rejetée. Elle offre encore beaucoup de capacité. Pour positiver cette valorisation volume, nous allons signer des conventions avec les exploitants des exécutoires, qui devront s’engager à respecter les principes de la politique de la SGP : transparence, traçabilité et mise en œuvre de transports alternatifs à la route. Une trentaine d’entre eux sont prêts à le faire, ce qui représente 150 exécutoires.

Envisagez-vous d’autres mesures ?

D’ici à la fin de l’année, nous créerons avec l’Ademe un observatoire des prix des déblais du Grand Paris. Et, au premier trimestre 2017, nous publierons un second schéma directeur des déblais, beaucoup plus précis et complet que le premier, enrichi grâce aux informations contenues dans les sept dossiers d’enquête publique.

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(1) Au Pavillon de l’Arsenal, à l’occasion de l’exposition Terres de Paris .
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