Architecture Technique Aménagement

Extension concertée en centre ancien

Mots clés : Rénovation d'ouvrage

Autour du noyau originel formé par un jardin collectif, l’opération Mazagran, à Lyon, vient s’étendre à la place d’immeubles démolis.

L’habitat est dense à la Guillotière, un vieux quartier populaire de Lyon, pauvre en squares et jardins. Aussi, le nouvel espace Mazagran – un demi-hectare tout rond – est-il plébiscité par les habitants. Conçu par Atelier de ville en ville et LFA, dans un esprit à la fois artiste et villageois, il rencontre d’autant plus de succès que ces mêmes résidents ont été réellement associés à son élaboration. Il faut remonter dans le temps pour saisir l’originalité du processus. En 2003, la galerie d’art contemporain Roger Tator, installée dans le quartier, invitait l’artiste Emmanuel Louisgrand à intervenir sur un délaissé de quelque 1 000 m2. Il en résulta un lieu inédit, où une enfilade de portiques métalliques, figurant une maison et se poursuivant par une clôture frappée de l’inscription « îlot d’Amaranthes », l’ensemble d’un orangé vif, embrassait un jardin potager et décoratif entretenu par l’association Brin d’Guill. L’animation qui en est résultée attira rapidement fêtes de quartier et manifestations artistiques.

Nouvel épisode en 2011.

L’état de vétusté de l’hôtel Simplex et d’un immeuble d’habitation, qui jouxtent l’îlot d’Amaranthes, sert de catalyseur à un projet d’agrandissement. Ses 2 500 m2 pourront doubler de superficie grâce à la démolition des deux bâtiments et à la désaffectation d’un tronçon de la rue Mazagran, ainsi que le transfert d’un terrain de sport et la suppression d’un parking. La Métropole organise réunion publique et ateliers avec le conseil de quartier, Brin d’Guill et d’autres associations, avant le choix des concepteurs, puis, une fois ceux-ci retenus, rouvre la concertation. Les principes issus de ces échanges englobent les 5 000 m2 de l’aménagement : il s’agit de restaurer portiques et clôture de l’îlot d’Amaranthes, installer des jeux d’enfants, créer des espaces jardinés et d’autres librement appropriables, de même qu’une scène pour les manifestations festives ou culturelles et un cinéma en plein air. Les concepteurs organisent le tout comme un square ouvert dont la traduction formelle aura la même fraîcheur décapante que l’œuvre d’Emmanuel Louisgrand.

Le plus surprenant dans cet aménagement sont les évocations de l’état antérieur. Les façades nord et sud de l’hôtel abattu ont été conservées, avec leurs anciens garde-corps et lambrequins dans les baies béantes, l’intervalle entre ces façades fantômes accueillant le poste ERDF, des toilettes et un point compost. L’emprise au sol de l’autre bâtiment détruit est figurée par des linteaux de calcaire issus de sa démolition, transformés en bancs. Quant aux portiques et à la clôture du jardin associatif, leur orangé est transposé dans maints éléments : bancs, fauteuils, fontaine, jeux d’enfants, etc.
Autre détournement de façade : le pignon aveugle de l’immeuble de cinq étages à un angle du site, peint du même orangé au faîte, a reçu une composition cinétique en panneaux d’aluminium brut, et, plus bas, une toile PVC pour projeter des films à la belle étoile. A ses pieds, l’espace en stabilisé accueille les jeux de ballons et les fêtes. Deux allées transversales, bordées de plantations basses, cépées, arbres de moyenne tige et pelouses irriguent l’ensemble de cette composition.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Maître d’ouvrage : Grand Lyon (Métropole). Maîtrise d’œuvre : Atelier de ville en ville, LFA. BET : Arcadis (VRD), ECL Studio et Yves Caizergues (lumière). Entreprises : Gauthey (VRD), id verde (plantations), Cimac (serrurerie, jeux), Citeos (lumière). Surface : 5 000 m2. Travaux : 1,6 M€ HT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X