Edito

Experts en Yo-Yo

En France, les prix de la construction sont 20 % supérieurs à la moyenne de l’Union européenne. 15 % plus élevés qu’en Grande-Bretagne. 50 % supérieurs à l’Italie, et 70 % à l’Espagne… Faut-il s’inquiéter de ces écarts qui s’accentuent encore en déplaçant le curseur à l’est de l’Union ? Ou bien s’enorgueillir de détenir chez nous les réglementations sociales et de construction parmi les plus exigeantes et responsables d’Europe ? Avec ces chiffres 2014 communiqués par l’OCDE, nous mesurons plus nettement les tensions du marché du travail et des matériaux dans une Europe toujours en chantier.
En France encore, nous sommes surpris par les différences de prix travaux qui existent entre opérations de même nature. Du simple au double pour produire des bureaux et du simple au triple pour du logement, selon l’étude de l’Union nationale des économistes de la construction (lire p. 17). Certes, la construction de logements à Arbois dans le Jura ne relève pas des mêmes contraintes qu’à Paris XVe.
Mais en France toujours, nous nous étonnons tout autant d’apprendre qu’il n’est pas rare de découvrir des prix travaux qui varient, là aussi, du simple au double à l’ouverture des plis d’un même appel d’offres. Voire du simple au triple, sur des missions de maîtrise d’œuvre comme le révèle l’économiste Pascal Asselin (lire p. 16).
Les prix de la construction jouent au Yo-Yo. Difficile de souligner la responsabilité citoyenne des maîtres d’ouvrage dans le respect des marges des entreprises lorsque l’on joue à ce jeu-là. Où se situe le juste prix à l’aube de la reprise ? Les économistes de la construction, devenus experts en Yo-Yo, semblent bien embarrassés pour le dire…
Alors, la reprise oui, mais à quel prix ?

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