Edito Coup de griffe

EuroPontivy

Cette rentrée scolaire, la presse s’est beaucoup gaussée de l’Education nationale, dont les élèves ne nagent plus dans une piscine, mais « traversent l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête (sic) » dans un « milieu aquatique profond standardisé (re sic) ».
Ne rions pas trop fort, car le jargon ne s’arrête pas à la porte des grandes administrations. Quel maire, quel constructeur, quel architecte oserait aujourd’hui construire une piscine ? Leur « milieu aquatique profond standardisé » à eux, c’est le « centre aquatique », voire le « centre aqualudique » si on y ajoute un toboggan.
Et que dire des gares, autre mot banni des concours d’architecture et des dossiers d’appels d’offres. Selon les éléments de langage du moment, il faut dire ou écrire « pôle d’échange multimodal », PEM pour les intimes.
A chacun son PEM donc. De la métropole européenne au bourg de Bretagne. Ainsi, à Pontivy, dans le Morbihan, les élus ont lancé les études pour la création d’un PEM… alors même que le train ne s’y arrête plus. Depuis l’effondrement du plafond de la gare en début d’année, la SNCF a en effet décidé de s’en séparer, conformément sans doute à sa vision du service public de proximité.
Mais que serait un PEM sans son quartier d’affaires ? Nantes, Rennes, Bordeaux, Lille, Marseille… toutes les métropoles ont le leur. Les experts en marketing territorial leur ont donné des noms remarquablement différents : EuroNantes et EuroRennes à l’ouest, Euratlantique au sud-ouest, Euralille au nord, Euroméditerranée au sud… Un comble, seule notre capitale européenne, Strasbourg, se distingue, enfin presque, avec son futur quartier d’affaires baptisé… « Wacken Europe ». Et par chance, on a échappé à EuroPontivy !

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