Régions Marseille

Euroméditerranée construit son poumon vert

Mots clés : Efficacité énergétique - Etat et collectivités locales

80 % du bâti communal niçois sera équipé d’ici à 2020 de capteurs afin de contrôler sa consommation énergétique.

12 045 m2 de locaux en Paca ont fait l’objet d’une demande de labellisation BBC rénovation au cours des douze derniers mois.

160 M€ Montant de l’enveloppe de prêt de haut de bilan attribué par la Caisse des dépôts à des bailleurs sociaux de Paca.

L’établissement public d’aménagement Euroméditerranée (EPAEM) sème les premières graines d’un grand projet de renaturation du vallon des Aygalades à Marseille. Il a choisi, ce printemps, l’équipe de maîtrise d’œuvre conduite par l’agence D’ici Là Paysages & Territoires qui aménagera sur quatre hectares le parc Bougainville. Cet espace public est la première étape de la longue coulée verte qui irriguera les 170 hectares d’Euromed 2, l’extension vers le nord de l’opération d’intérêt national (OIN) dont le schéma d’aménagement a été conçu par l’agence François Leclercq. Ce poumon vert de 14 hectares suivra le lit du ruisseau des Aygalades, un cours d’eau partiellement enfoui sous le bitume au gré de l’urbanisation des quartiers nord durant la seconde moitié du XXe siècle. « En attendant d’acquérir l’intégralité des 14 ha de ce futur parc humide, dont une partie est actuellement occupée par la gare de triage du Canet, nous avons décidé de démarrer le projet par le sud. Cela a l’avantage de créer une continuité avec Euromed 1, qui arrive en phase finale », explique Anita Leroux, directrice de projet à l’EPAEM.

Continuité. Titulaire d’un contrat de conception et suivi d’exécution de 2017 à 2022, l’équipe pluridisciplinaire a été choisie à la suite d’un concours en deux phases : « Nous avons été retenus sur une note méthodologique et une note d’intention illustrée. Nous avons fait la différence en proposant de s’attaquer tout de suite au canal. En 2017, on ne peut plus accepter de voir un cours d’eau enfoui sous le béton. Son passage sera l’armature du parc », explique Sylvanie Grée, paysagiste associée chez D’ici Là Paysages & Territoires. En cela, la paysagiste s’inscrit dans la continuité du projet imaginé par François Leclercq et l’agence TER.

Les autres principes sont le traitement des limites du parc, ainsi que la création d’espaces afin de proposer des usages pour chacun dans un lieu fédérateur. A partir de ces fondamentaux, l’équipe de maîtrise d’œuvre, en partenariat avec l’association Arènes, missionnée par l’EPAEM, va poursuivre la concertation engagée en 2016 avec les habitants du quartier, les riverains et les futurs usagers pour définir le contenu du programme. Le 4 juillet sera présentée à la population une esquisse provisoire débattue lors de précédents ateliers. Suivra une nouvelle concertation avec les services gestionnaires (ville et métropole) avant l’esquisse définitive attendue en septembre 2017. Les travaux d’aménagement définitifs devraient démarrer en 2019 pour deux ans.

Cette période de concertation est indispensable pour dessiner le parc situé à la charnière de trois programmes de renouvellement urbain : le Parc Habité dans Euromed 1, les Docks Libres, opération confiée par la Ville de Marseille à Nexity, et l’opération Anru de Saint-Mauront conduite par le groupement d’intérêt public Marseille Rénovation Urbaine.

Dépollution du site. Reste à acquérir un tiers du foncier auprès de propriétaires en partie en activité (supermarché, concessions automobiles, fourrière municipale… ) et à engager la dépollution du site. Autre contrainte : la proximité de la copropriété dégradée Bellevue, un des hauts lieux du trafic de drogue. « Il faut que le regard puisse se porter partout. Pour cela, nous devons maîtriser la hauteur de la végétation, ambition qui implique un travail de nivellement », confirme Sylvanie Grée.

Pour financer l’investissement de 38 millions d’euros HT, dont 12,5 millions HT de travaux, l’EPAEM peut compter sur 30 millions de subventions publiques. Le reste sera financé par la cession de droits à construire aux abords du site. L’aménageur table sur 26 000 m de surface de plancher au total, qui constituera un nouveau front bâti le long du parc. En attendant, et pour changer l’image et l’usage du site, l’EPAEM a lancé des travaux d’aménagement provisoires (500 000 euros TTC). En juillet seront inaugurés les équipements (jeux, terrains de sport… ) choisis par les habitants du quartier au cours de la concertation organisée en 2016.

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Equipe pluridisciplinaire

Lors de la consultation, l’EPAEM a demandé une équipe pluridisciplinaire avec des compétences permettant d’appréhender toute la complexité d’un projet consistant à amener de la nature dans un contexte urbain. Ainsi, D’ici Là Paysages & Territoires, mandataire du groupement, s’est associé à Biotec (BET écologue), à l’agence Zakarian-Navelet (architecte), à Arcadis (BET VRD et dépollution), à 8’18 » (BET éclairage), à Sprint Conseil (programmiste, équipements sportifs) et enfin, à Adeus (BET concertation).

L’architecte va, par exemple, étudier la constructibilité sur le site. L’écologue va s’occuper de la renaturation du ruisseau. Le contrat de conception et de suivi d’exécution est un accord-cadre.

L’EPAEM a fixé des taux de rémunération de la maîtrise d’œuvre en fonction du montant des travaux : de 1 à 4 M€, de 4 à 8 M€, et dans une fourchette supérieure à 8 M€. La moyenne du taux de rémunération se situe à 10 %.

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