Régions Occitanie

Etat et collectivités au chevet du canal du Midi

Mots clés : Etat et collectivités locales - Transport fluvial

Il y a 350 ans, le 7 octobre 1666, Louis XIV signait l’édit royal autorisant la mise en chantier du canal du Midi. Il y a vingt ans, le 7 décembre 1996, l’Unesco inscrivait les 241 km, qui courent de Toulouse (Haute-Garonne) à la Méditerranée au niveau de Sète (Hérault), sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Construite entre 1666 et 1681 par l’entrepreneur languedocien Pierre-Paul-Riquet afin notamment d’acheminer le blé, la voie d’eau a beaucoup perdu de sa fonction marchande, mais elle est devenue un magnifique outil de promotion touristique. Reste à le préserver. Et il y a urgence. En effet, lors de sa dernière évaluation, l’Unesco a noté une fragilité, soulignant l’absence de gouvernance et de plan de gestion.

La création de la région Occitanie a probablement contribué à changer la donne. La présidente de région Carole Delga a saisi l’importance de la voie d’eau, qui fait le lien entre les deux anciennes régions Midi- Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Pascal Mailhos, préfet de région, a lui aussi pris la mesure des enjeux en nommant ce printemps la sous-préfète Marie-Thérèse Delaunay directrice de projet chargée du canal du Midi.

Prise de conscience. Le 22 juin, lors de sa première réunion, le « Comité de bien canal du Midi » a décidé l’élaboration d’un plan de développement durable et le lancement de la concertation sur une charte architecturale, urbaine et paysagère. Le Comité de bien, sorte de parlement, regroupe la région et l’Etat, les 90 maires des communes riveraines, les EPCI et départements traversés par le canal, des associations et des universitaires. Sa création témoigne d’une prise de conscience. Avec son équipe de huit personnes, Marie-Thérèse Delaunay a pour mission d’animer ce comité. Le travail démarrera en novembre avec les premiers ateliers. L’objectif est d’aboutir à un plan de gestion, concerté et validé par tous, en 2019. « Pour l’heure, nous sommes au stade de la définition de concepts tels le mot “ abords ” ou “ valeur exceptionnelle ” d’un bien reconnu par l’Unesco, explique-t-elle. En parallèle, le bureau d’études Parmenion nous aide à poser les bases de la concertation. Je souhaite en effet mettre en place tous les outils avant d’agir. » Chiffré à 230 millions d’euros sur cinq ans, le plan de développement durable sera financé à hauteur de 50 % par l’Etat, 33 % par la région, et 17 % par des EPCI, départements et mécénat. Il s’articule autour de trois thèmes : restauration environnementale (replantation des arbres, qualité de l’eau), développement économique et touristique, et préservation du patrimoine (écluses, château de Bonrepos). L’opérateur de l’Etat, Voies navigables de France (VNF), sera aux premières loges notamment pour remplacer les platanes (abattage des arbres malades, replantation, restauration des berges, mesures écologiques d’accompagnement).

En parallèle, l’Etat a engagé, à la demande de l’Unesco, la démarche de classement du canal du Midi au titre des Monuments historiques. « Il faut trouver un équilibre entre développement économique et urbain d’un côté, et préservation du patrimoine de l’autre », conclut Dominique Salomon, vice- présidente de la région Occitanie chargée de la culture, du patrimoine et des langues régionales.

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Le chêne chevelu à la conquête du canal

Cette année pour la première fois, Voies navigables de France (VNF) aura planté plus d’arbres (3 500) le long du canal qu’elle n’en aura abattu (3 300). Depuis dix ans, l’établissement public mène une course de vitesse contre le chancre coloré, maladie qui ravage les platanes. Le remplacement des 42 000 arbres qui bordent l’ouvrage devrait coûter 220 millions d’euros sur vingt ans. A la fin de l’hiver 2016, 18 000 arbres auront été abattus et 5 700 replantés. Un frein aux replantations a été levé en janvier 2016, lorsque le ministère de l’Environnement a validé le choix du chêne chevelu comme essence « jalon », appelée à former 40 % du linéaire arboré. Six autres essences composent la nouvelle palette végétale, dont la diversité doit limiter les effets d’une nouvelle épidémie. VNF espère être en mesure d’abattre et de replanter 3 000 à 4 000 arbres par an d’ici à 2020.

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