Solution technique

Étanchéité à l’air Un bâtiment fermé aux quatre vents

Mots clés : Bâtiment d’habitation collectif - Bâtiment d’habitation individuel - Etanchéité - Maison individuelle

Destinée à améliorer le bilan énergétique des maisons individuelles et des logements collectifs, l’étanchéité à l’air de l’enveloppe appelle une évolution des habitudes de conception et de mise en œuvre, cela dans une perspective d’efficacité et de durabilité.

L’entrée en application de la RT2012 a marqué un tournant dans la réglementation thermique et le monde du bâtiment en rendant pour la première fois obligatoire la prise en compte de l’étanchéité à l’air dans le domaine du résidentiel neuf. Les concepteurs et les professionnels ont été invités à mener une véritable chasse aux défauts de perméabilité à l’air de l’enveloppe afin d’améliorer le bilan énergétique des maisons individuelles et des logements collectifs. L’impact sur les consommations énergétiques n’étant, en effet, pas anodin. Une étude de l’Institut de physique du bâtiment de Stuttgart, en Allemagne, a ainsi montré qu’une fissure de 1 mm sur une longueur de 1 m dans une membrane d’étanchéité à l’air pouvait diviser par cinq la performance d’un isolant (1). Et, comme le rappelle Romuald Jobert, chargé de mission au Cerema Centre-Est (ex-Cete de Lyon), en préambule de son ouvrage « Perméabilité à l’air de l’enveloppe », « pour des bâtiments aujourd’hui très isolés, on estime qu’une perméabilité excessive peut engendrer une surconsommation pouvant atteindre plus de 25 % dans certains cas ». Dans le cadre de la réglementation, une obligation de résultat vise désormais maisons individuelles et logements collectifs neufs pour lesquels un test d’infiltrométrie doit être effectué à réception. Le test est considéré comme réussi lorsque l’indicateur Q4Pa-Surf, mesurant le débit de fuite à travers l’enveloppe sous un écart de pression de 4 Pa, est inférieur ou égal à 0,6 m3/(h.m2) dans le cas d’une maison individuelle, et à 1,0 m3/(h.m2) dans le cas d’un logement collectif.

Travailler de manière collaborative

Les premiers retours d’expérience montrent que les projets actuels vont déjà plus loin que les exigences de la RT 2012. « En maison individuelle, la moyenne en 2012 était déjà au niveau de 0,4 m3 par heure et par mètre carré de paroi froide. En logement collectif, elle se situait autour de 0,5 m3/(h. m2) », relève Sébastien Delmas, chargé de mission chez Effinergie (qui développe, avec le Cerema, un observatoire de l’étanchéité à l’air, afin de répertorier et analyser les très nombreuses mesures réalisées en France.). « Les objectifs ne sont pas si difficiles à atteindre pour les constructeurs, poursuit le chargé de mission. En faisant mieux que les exigences, ces derniers gagnent quelques points sur l’indice Cep [consommation d’énergie primaire, NDLR], donc sur l’objectif de consommation du bâtiment ».
Mais sur les chantiers, les pratiques n’ont pas réellement évolué. Beaucoup, comme Alain Soler, directeur de la société AS Infiltrométrie, qui réalise formations et tests de perméabilité à l’air, s’inquiètent du manque de pérennité d’une étanchéité à l’air souvent réalisée...

Vous lisez un article de la revue CTB n° 350 du 11/04/2016
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