[TO] Urbanisme et aménagement

Espaces publics Un parc d’eau à la Part-Dieu

Mots clés : Aménagement paysager - Droit de l'urbanisme - Eau - Espace vert - Prix d'architecture - Rénovation urbaine

Dans le quartier d’affaires de la Part-Dieu, à Lyon, le jardin Jacob-Kaplan, réalisé dans la ZAC de La Buire, se présente comme un havre de paix, ceinturé par une douve en eau qui l’isole de l’agitation citadine.

A Lyon, la Part-Dieu, concentration de barres et tours élevées depuis les années 1970, est le plus important quartier tertiaire français après La Défense. Sur son flanc sud, l’ancien site industriel de La Buire, dernier espace vide d’envergure, fait aujourd’hui l’objet d’une vaste reconversion sous forme d’une ZAC privée sur cinq hectares, la ZAC de La Buire. Huit îlots d’immeubles commencent à accueillir bureaux, logements et équipements publics.

Protégés du boulevard Vivier-Merle par les îlots tertiaires, les quatre blocs d’habitat et l’école en construction s’assemblent en U autour du parc réalisé dans le cadre de la ZAC, et récemment récompensé par le Grand Prix d’architecture et urbanisme organisé par le département et le CAUE du Rhône (catégorie Aménagement urbain et paysager). Cet espace public de 5 000 m2 offre une respiration paysagère bienvenue dans ce secteur très dense du IIIe arrondissement, et fait aussi le lien entre le nouveau quartier et son voisin, un ensemble résidentiel des années 1980.

Grande prairie et bassin

Dans ce jardin, auquel vient d’être donné le nom de Jacob Kaplan, figure de la Résistance à Lyon, se retrouve toute l’exigence de qualité que le Grand Lyon, autorité délégante de la ZAC, apporte aux espaces publics de l’agglomération. Son concepteur, Marc Littot (Raphia Paysagistes), a conçu un lieu tout à la fois retiré de la ville et uni à elle. Le lien s’établit grâce à l’encadrement arboré sur trois des côtés du carré que forme le parc : au sud, des magnolias dessinant des chevrons irréguliers avanceront sur le parvis de l’école, tandis qu’au nord et à l’est, le double alignement de frênes se partage entre le parc et le trottoir des voies pour lesquelles Marc Littot est missionné comme paysagiste-conseil. Sur ces trottoirs, des plantations basses (viornes à fleurs blanches.) maintiendront une transparence visuelle avec le jardin et apporteront une continuité chromatique avec la dominante blanche bleue de ses espèces végétales. Intégré à la cité, l’endroit met également ses distances pour se faire havre de paix : il apparaît comme une presqu’île grâce à la douve en eau qui le borde au nord et à l’est, encaissée sur deux mètres de profondeur et qu’on enjambe par une passerelle.

Il se trouve en effet que collecte et infiltration des eaux pluviales figuraient au programme du concours. Les eaux de toiture de toute la ZAC sont recueillies dans un réseau indépendant des collecteurs de voirie qui les achemine dans la douve. Celle-ci est configurée pour que le niveau d’eau puisse y monter d’un mètre par gros orage. L’infiltration s’opère à travers un lit épais en gravier placé sous le talus qui remonte de la douve, talus planté de vivaces et graminées supportant d’être provisoirement immergées. En temps normal, la douve sert à retenir les eaux en partie basse. Elle est étanchée et tapissée de gros galets du Rhône, qui se retournent verticalement pour constituer la paroi en gabions qui délimite et porte la partie centrale du parc, avec sa grande prairie et son bassin. L’eau de la douve est conduite en circuit fermé dans le bassin, puis reversée dans la douve par les bouches surgissant du mur en gabions. Gestion hydraulique simple, effet spectaculaire.

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ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage : SAS La Buire Aménagement.

Paysagiste : Marc Littot (Raphia).

BET : Ingerop (bassin).

Surface : 5 000 m2.

Travaux : 1,25 million HT.

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