[TO] Urbanisme et aménagement

Espace public Une pente adoucie pour installer des jardins

Mots clés : Aménagement paysager - Espace vert - Rénovation urbaine - Stationnement - Transports

En belvédère sur le centre-ville de Lyon, le site du Gros Caillou, en haut de la colline de la Croix-Rousse, a été restructuré pour y créer plusieurs types d’espaces et d’usages. Point de départ du remaniement : la pente abrupte qui limitait l’accès au jardin a été adoucie.

Bloc de l’ère glaciaire, le Gros Caillou a été installé en 1891 sur le plateau de la Croix-Rousse, à son extrémité est. Le site offre un panorama exceptionnel sur la presqu’île de Lyon et la rive gauche du Rhône. Mais le stationnement automobile avait fini par l’envahir et la partie aménagée en jardin, trop pentue et assombrie par la densité des plantations, restait peu fréquentée. La décision d’implanter un parking souterrain a permis d’envisager le réaménagement du site, pour le rendre plus accessible et mieux adapté aux besoins des usagers.

Lauréate du concours organisé par le Grand Lyon en 2004, l’agence lyonnaise AABD fonde son intervention sur le remodelage de la pente, de manière à l’adoucir.

Déclivités mieux adaptées

Le plateau a été entaillé, et celle-ci débute désormais quelques dizaines de mètres plus tôt, côté plateau. Ce nivellement a rendu possible l’installation de plusieurs jardins dans la pente : jardin belvédère aux gradins librement disposés, jardin de collection botanique, square de jeux… Des rampes et des escaliers les traversent, placés dans la continuité de ceux qui existaient depuis l’urbanisation de la colline au XIXe siècle.

Sur le plateau, une esplanade engazonnée s’allonge jusqu’au boulevard de la Croix-Rousse, ponctuée de dallages pour supporter jeux de ballon ou manifestations de quartier, et bordée de chaque côté par une allée. Les plantations d’arbres ont été reportées de part et d’autre du cône de vue pour dégager le panorama depuis les jardins pentus comme depuis l’esplanade horizontale.

Les avantages d’une pente ainsi remaniée sont multiples. Son commencement correspond à l’axe fort d’une large allée piétonne transversale, qui fait le lien entre la rue de Belfort au nord, dans le IVe arrondissement, et la montée Saint-Sébastien au sud, dans le Ier arrondissement. Cette allée dessine une médiane parfaite sur le terrain triangulaire aménagé de presque 2 ha. Avec cette géométrie, les concepteurs rappellent aussi à la mémoire ce qu’était ce triangle : un puissant bastion des remparts qui fermaient Lyon jusqu’au Second Empire. Désormais moins abrupte, cette pente, qui atteignait 25 %, est rythmée par plusieurs terrasses depuis le Gros Caillou au sommet. Elles sont reliées par des escaliers qui remontent la déclivité de front, et des rampes en diagonale comprises entre 7 et 15 %. La topographie croix-roussienne n’autorisait aucun versant inférieur à 5 %, mais ces rampes ouvrent le nouvel espace public aux mères de famille avec poussette, et même aux personnes à mobilité réduite aidées d’une personne valide.

L’adaptation des déclivités s’est poursuivie jusqu’à une nouvelle terrasse dans le prolongement du café du Gros Caillou : autour de la véranda existante, un muret banquette et quelques emmarchements ont permis de créer des plateaux qui s’étagent, là où la montée Saint-Sébastien amorce sa plongée sur les pentes de la Croix-Rousse.

Maître d’ouvrage : Grand Lyon, direction de la voirie.

Maître d’œuvre : AABD, architectes.

BET : Sitetudes (infrastructure), ICC (espace public), Light Cibles et Omnilum (éclairage).

Surface : 1,8 ha.

Budget : 5,1 millions euros HT.

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