Architecture Technique Béton

Escalier monumental contemporain

Mots clés : Béton - Escalier - Matériel - Equipement de chantier

Conçu autour d’un mur d’échiffre ajouré de losanges, cet escalier a été réalisé après plusieurs essais in situ et un prototypage précis du coffrage.

Comment restituer le principe de l’escalier monumental dans une approche contemporaine, pensé pour animer l’espace, alliant esthétique et technique ? Les architectes Elisabeth Naud et Luc Poux ont répondu à la question lors de la rénovation de deuxième génération d’un ensemble immobilier édifié en 1929, rue d’Amsterdam à Paris. Cet escalier monumental de neuf étages, ils l’ont d’abord judicieusement positionné au centre de gravité de l’immeuble afin d’irriguer les flux et de favoriser les rencontres. Ils l’ont placé derrière une grande façade vitrée, éclairé naturellement via une cour intérieure et doté de paliers communs à trois ascenseurs panoramiques en triplex. Enfin, ils l’ont conçu sur la base d’un mur d’échiffre (mur porteur de séparation) en forme de boomerang ajouré. « Composé de béton blanc, il comporte 170 marches en porte-à-faux dont la longueur varie de 1,40 m à 1,68 m et l’épaisseur de 8,5 cm à 12,5 cm, précise Luc Poux. La section en boomerang génère en effet des longueurs de marches et un gradient d’épaisseur variables sur une même volée. »

Mur d’échiffre et marches coulés en place.

Pour le réaliser, Dumez, entreprise générale de cette rénovation, était confrontée à plusieurs difficultés : ferraillages du mur ajouré de losanges de tailles variées et répartis diversement, nature du coffrage, constitution des réservations aléatoires, fixation des marches en porte-à-faux. Les études et la méthodologie conduites par Sébastien Kuntz ont abouti à la définition d’un mode opératoire suivie d’essais in situ. D’abord en béton gris sur un mur d’échiffre droit, puis avec un prototype réel en béton blanc. Plusieurs difficultés d’exécution ont alors été résolues : bullage du béton, nature, forme et étanchéité du coffrage, composition des mannequins de réservation pour éliminer les épaufrures. Le coffrage est mis au point à la hauteur d’un niveau (3,5 m). Il est constitué de feuilles d’acier découpées au laser, pèse 5 tonnes et se sépare en deux parties aux deux extrémités. Les mannequins en losange sont en contreplaqué bois avec chaussette en silicone. Le mur d’échiffre est d’abord coulé en place avec un béton fibré blanc autoplaçant (Advanci Architectonique de Cemex) à raison d’un niveau tous les dix jours. Les réservations pour les marches sont prévues lors du coulage. Celles-ci ne sont pas préfabriquées mais coulées ensuite en place une à une « à la descente », du haut vers le bas. Les torons en acier de diamètre 40 mm vissés dans les réservations servent de ferraillage. Chaque marche d’une volée possède son propre coffrage puisque sa longueur et son épaisseur varient à chaque pas.

Pour Luc Poux, la qualité d’exécution est remarquable : « c’est le résultat d’une grande précision des plans établis par Natalia Godlewska, en charge du projet architectural, et de la perspicacité des équipes gros œuvre de Dumez. »

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Gecina. Architecte : ENLPAA (Elisabeth Naud et Luc Poux architectes associés). Entreprise générale : Dumez (mandataire).

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