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Equipements techniques Des marchés prometteurs pour les électriciens

Mots clés : Conjoncture économique - Efficacité énergétique - Electricité - Energie renouvelable - Equipements techniques et finitions - Marché de lénergie - Métier de la construction - Produits et matériaux - Rénovation d'ouvrage

Dans une activité à faible visibilité, les professionnels de l’installation électrique se positionnent sur les marchés d’avenir : énergies renouvelables, offre globale de rénovation énergétique, domotique…

Délicate situation que celle des professionnels de l’équipement électrique. « Même si l’activité est stable, la visibilité des entrepreneurs n’est pas bonne, révèle Gwenaëlle Paillieux, secrétaire générale de la FFIE (Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique) (voir interview ci-dessous). Il est à craindre que les effets du ralentissement économique se fassent encore sentir dans les prochains mois. »

A quelque chose malheur est bon, dit le proverbe. L’activité moindre amène les électriciens à réfléchir à leur positionnement. Nombreux sont ceux qui se sont tournés vers les énergies renouvelables, notamment vers l’installation de panneaux solaires photovoltaïques. Le marché s’étant fortement massifié ces dernières années, la concurrence s’y est accrue et les entreprises cherchent à se différencier par le service. Ainsi, Stéphane Maureau, P-DG d’Evasol, a décidé de confier le contrôle systématique de ses installations à un organisme indépendant (attestation de conformité du Consuel) (voir page suivante). Une démarche que nombre de professionnels voudraient voir se généraliser.

Le soliste de l’orchestre

« Il y a un vide juridique. Réglementairement, aucun contrôle n’est obligatoire avant le raccordement au réseau, a rappelé Francis Bouquillon, directeur général du Serce (Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique), le 26 mai lors du colloque de l’UFE (Union française de l’électricité). Nous appelons les pouvoirs publics à régler de façon urgente le problème. Il serait malvenu de laisser s’installer des contre-références. »

Autre marché d’avenir pour les électriciens : l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments. « Un nouveau marché est en train d’émerger avec l’offre globale énergétique qui va obliger les corps d’état et les entreprises à travailler ensemble, de façon organisée, prévient Jean-Claude Guillot, P-DG de la société SMEE Entreprise (voir page suivante). Car les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement ne pourront être atteints qu’en associant les différentes spécialités que sont l’isolation, les ouvertures, les équipements techniques, la production d’énergie… ». Un guide vient d’ailleurs d’être édité pour tout savoir sur l’« offre globale de rénovation énergétique dans le résidentiel individuel ». Comment s’organiser – seul ou en groupement –, quels sont les services à proposer, les dispositifs fiscaux à connaître : une mine de renseignements pratiques pour les entrepreneurs désireux de découvrir ce marché. Reste que s’il doit désormais jouer une œuvre collective, le spécialiste de l’électricité et notamment des courants faibles peut y jouer une partition de soliste, voire être le chef d’orchestre.

Le retour de la domotique

Amélioration de l’extraction d’air en cuisine, régulation de la pression d’eau chaude, gestion de la ventilation en fonction du taux d’occupation, gestion automatique de l’éclairage sont autant de solutions d’efficacité énergétique dites « actives » qui permettent des temps courts de retour sur investissements. Des solutions qui, par effet ricochet, signent le grand retour de la domotique. Notamment en rénovation grâce aux technologies basées sur les courants porteurs, le wi-fi, l’infrarouge. Sans oublier que de nouvelles fonctions accessibles au secteur de l’installation électrique apparaissent : la distribution des réseaux audio et vidéo, de l’activité de loisir à la maison. Sans oublier l’immense marché de l’accessibilité et du maintien à domicile. Plusieurs professionnels ont déjà franchi le pas comme Joël Artalle, électricien à Grignon (Savoie) (voir page suivante). Un marché d’autant plus prometteur que le vieillissement de la population est un phénomène inéluctable. L’installation électrique standard d’une maison de 120 m2 coûte en moyenne 8 700 euros. Pour une prestation de niveau supérieur pour assurer la communication et la sécurité, on passe à 16 000 euros. Soit 80 % de plus que l’installation basique. Avis aux amateurs.

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« Le secteur anticipe un durcissement conjoncturel »

M : Comment se porte l’activité des électriciens depuis le début de l’année ?

Selon notre baromètre, sur les quatre premiers mois de 2009, l’activité d’installation électrique est globalement stable. Cela traduit cependant une perte de 1,2 % de croissance par rapport au dernier quadrimestre de 2008. Le bâtiment a ralenti plus fortement que les travaux publics, notamment dans le secteur résidentiel qui affiche une contraction de l’activité de – 0,7 % sur ce premier quadrimestre, tandis que les bureaux continuent à progresser de 1 %.

M : Qu’en est-il des carnets de commandes ?

Même si l’activité est stable, la visibilité des entrepreneurs n’est pas bonne, les carnets de commandes s’étant rétractés de 0,7 mois depuis le 2e quadrimestre 2008. Le carnet de commandes des entreprises de moins de 10 salariés est de 2,7 mois, celui des entreprises de 10 à 50 salariés s’établit entre 3,7 et 4,7 mois. Les plus grosses structures ont un carnet stable, à 6,4 mois.

M : A-t-on touché le fond ?

Il est à craindre que les effets du ralentissement économique se fassent encore sentir dans les prochains mois. Les entrepreneurs anticipent un durcissement conjoncturel. Plusieurs indicateurs de soldes d’opinion le montrent : le recours à l’intérim chute de 39 points, la marge de 26 ! La rentabilité est plus que jamais une préoccupation.

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Joël Artalle EURL Artalle, à Grignon (Savoie) « La domotique au service des handicapés »

« J’ai abordé le marché de la domotique au service de l’autonomie des personnes pour des raisons personnelles. Ayant un fils handicapé, j’ai aménagé et équipé ma maison pour lui donner un maximum d’autonomie, notamment dans ses déplacements. Cela se traduit par des portes coulissantes, des éclairages revus, un élévateur à personne à mobilité réduite pour passer d’un étage à l’autre, un système de baignoire sur vérins… Le tout commandé simplement avec une seule et même télécommande. La technologie proposée par Legrand – baptisée In One – est assez simple à mettre en œuvre et évolutive. Si demain je souhaite ajouter un système de télésurveillance, aucun problème ! Fort de cette expérience personnelle, je me positionne sur le marché de la domotique au service des handicapés. Et plus globalement des personnes à mobilité réduite. L’autonomie est un enjeu de société essentiel pour les années à venir, renforcé par de nouvelles exigences réglementaires. Grâce aux automatismes, les électriciens peuvent y jouer un rôle majeur. »

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Stéphane Maureau P-DG de Evasol, 320 personnes, à Limonest (Rhône) « Un certificat de conformité pour chaque installation photovoltaïque »

« Le marché de l’installation solaire photovoltaïque est devenu un marché de masse. Or, il existe des recommandations de mise en œuvre mais pas d’obligation de contrôle. Il ne faut pas sous-estimer les risques inhérents à l’installation de panneaux solaires photovoltaïques, notamment parce qu’ils fonctionnent en courant continu. Le risque d’électrocution augmente et il faut adopter des réflexes spécifiques. Il y a deux ans, nous avions initié une démarche qualité au sein de l’entreprise. Nous nous étions rapprochés du Consuel, organisme certificateur bien connu de la filière, pour élaborer des procédures de contrôle interne. Aujourd’hui, le nombre d’installations que nous réalisons chaque mois est tel que nous souhaitons un contrôle externe pour maintenir durablement la qualité de nos travaux. Nous venons donc de mettre en place, toujours avec le Consuel, le contrôle externe systématique de nos installations. Avec un impératif : que cette démarche soit transparente pour le client. »

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Jean-Claude Guillot P-DG de SMEE Entreprise, groupe Sagefi, 220 personnes, à Gond-Pontouvre (Charente)« Assembler les compétences »

« Notre groupe va bientôt démarrer la construction d’une nouvelle caserne de gendarmerie à Chasseneuil-sur-Bonnieure en Charente. Ce contrat d’une vingtaine de millions d’euros a été lancé sous la forme d’un bail emphytéotique administratif (BEA). Pour y répondre, nous avons composé un groupement de conception-réalisation. Tandis que l’emphytéote, « BTP Banque », était porteuse de l’offre face au maître d’ouvrage public et assurait le financement, nous avons participé à l’élaboration de l’offre technique de A à Z en assemblant toutes les compétences. Dans l’approche, cela suppose davantage de transversalité, davantage de coordination en amont avec les autres corps d’état, ainsi que durant la phase de chantier. En revanche, cette contractualisation en partenariat public-privé ouvre de nouvelles opportunités aux PME, notamment dans la perspective des offres globales de rénovation énergétique. Les électriciens doivent y prendre toute la place qui leur revient. »

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