Architecture Loisirs

Equipements sportifs en tenue de ville

Mots clés : Établissements sportifs couverts - Sport

Alors que la pratique du sport s’inscrit dans la vie quotidienne, les nouveaux gymnases jouent avec leur environnement urbain.

Du fait de la densité des villes, de la lutte contre l’étalement urbain et de la diversification des disciplines sportives, les équipements dédiés offrent de nouveaux visages, loin de la boîte à chaussures des années 1970. A présent intégrés dans la cité, ils acquièrent leurs lettres de noblesse et deviennent de véritables bâtiments publics ouverts sur leur environnement, qui vont jusqu’à qualifier l’espace urbain, tels le gymnase du Bon Lait à Lyon et la salle de sport Couronnes-Lacroix à Paris (lire ci-après).

La mixité fonctionnelle, au cœur des enjeux, est déjà mise en œuvre.

Lieux atypiques. Dans les quartiers qui sortent de terre, ces équipements s’intègrent dans des opérations de logements. « Même si le coût est plus élevé, nous croyons à cette solution, surtout pour des activités comme le yoga ou la gymnastique, qui n’exigent pas de grandes salles », explique Paolo Guidi, conseiller innovation à la direction de la jeunesse et des sports de la Ville de Paris. Sont également investis des lieux atypiques. On peut désormais s’adonner au parkour dans la serre tropicale reconvertie du Forum des Halles, à Paris ( l ire p. 73). Au cœur d’une zone sensible de Bondy, un tunnel piétonnier a été aménagé en terrain de glisse pour skate-boards, BMX, etc. La Ville de Paris et les collectivités de Seine-Saint-Denis ont lancé l’appel à projets « Grand Paris, terrain de jeux » pour aménager 13 sites inoccupés (parking, terrain de basket désaffecté… ). Remise des offres le 5 mai 2017.

Egalement au cœur des enjeux : la mixité fonctionnelle, déjà mise en œuvre dans d’anciens équipements, comme le gymnase Huygens (Paris, XIVe arr. ), du début du XXe siècle, avec sa petite salle de concert. Mais le développement de ces infrastructures se heurte encore à des complexités de gestion entre programmes différents. Quand l’administration s’en mêle…

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Paris XXe - Un pavillon en bois japonisant entre tours et barres

Comment intégrer un équipement sportif dans un environnement de barres et de tours sans qu’il soit réduit à une sorte de gros local de service polyvalent ? En créant un aimable pavillon de bois et de métal, de facture japonaise, à la toiture couleur d’or formant une succession de plis tel un origami. Située à la lisière du parc de Belleville, la salle de sport Couronnes-Lacroix adoucit le paysage urbain et marque une liaison avec ce poumon vert. Côté rue, la façade vitrée en partie haute laisse percevoir l’intérieur du gymnase et son plafond en bois perforé qui épouse les plis du toit.

On y accède en longeant le bâtiment en profondeur du terrain, par une petite allée abritée par un auvent en bois à claire-voie, bordée de végétation. Elle mène à un second volume en métal abritant les espaces servants (vestiaires, sanitaires, etc. ). Le terrain étant en fort dénivelé, son niveau inférieur abrite des locaux associatifs, eux-mêmes en balcon sur la cour de recréation d’une école élémentaire : la vraie densité urbaine parisienne.

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris. Maîtrise d’œuvre : Vaudou Allegret (architectes mandataires), Studio ITA (architectes sous-traitants). BET : Sibat (TCE, acoustique et conseil), LesEnR (thermique). Entreprise générale : CBC Services. Surface : 800 m2 Shon. Montant des travaux : 3,4 millions d’euros HT.

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Lyon - Dans la ZAC, le sport en spectacle

La livraison de ce gymnase constitue l’ultime pièce d’un puzzle urbain qui vient de s’achever (logements, bureaux, équipements collectifs, commerces, etc. ) pour donner naissance au quartier lyonnais du Bon Lait, sur les friches de l’ancienne usine laitière du même nom. Loin de l’image du bâtiment d’activité que ce type de programme menace de générer, ce gros volume parallélépipédique en bois s’inscrit dans l’espace urbain à la manière d’un équipement culturel, théâtre ou cinéma. Il est composé d’une salle multisport de 45 x 24 m, à laquelle vient s’accoler à l’étage un dojo.

Depuis la rue, c’est en créant l’illusion d’un hall monumental que le bâtiment trouve sa noblesse et parvient à qualifier l’espace public. En réalité, il s’agit de la grande baie vitrée de la salle de sport principale, dont le léger retrait de la façade forme un porche d’entrée de 9 m de haut. Le vrai hall d’accueil se trouve sur le côté surmonté d’un volume (le dojo) aussi opaque que celui d’une salle de spectacle. A l’intérieur, le plafond sculptural du gymnase, percé de sheds en forme de pyramides tronquées, donne son cachet à la salle multisport.

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Lyon. Maîtrise d’œuvre : Dietrich Untertrifaller (architectes mandataires), Tekhnê (architectes associés). BET : Arborescence (bois), DPI (béton), Astrius (fluides), eEgénie (HQE), Denizou (économie). Principales entreprises : SDCC (charpente bois), BLB (gros œuvre). Surface : 2 680 m2 SP. Montant des travaux : 4,7 millions d’euros HT.

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Paris Ier - Parcours sous serre tropicale

Dédié au parkour (sport d’extérieur en milieu urbain avec franchissement d’obstacles tels mobilier, murs, etc. ), Centr’Halles Park a trouvé place dans l’ancienne serre tropicale du Forum des Halles. C’est donc pour l’initiation et l’entraînement que ce volume interstitiel, entre piscine et rue intérieure, conçu à l’origine par l’architecte Paul Chemetov, a été réaménagé. « Il nous a posé deux conditions : préserver les transparences de la serre et les surfaces brutes du béton », rapporte Paolo Guidi, conseiller innovation à la direction de la jeunesse et des sports de la Ville de Paris.

Cela tombe bien, car c’est justement grâce à ces transparences que l’équipement s’intègre dans cet espace urbain souterrain. Pour Seura Architectes, chargé notamment du réaménagement du Forum et de son jardin, il s’est agi de faire de l’ancienne serre un établissement recevant du public : accès, escalier, ascenseur, sanitaires, dalle béton, baies vitrées coupe-feu, fluides, etc. Prisme Events, choisi pour l’aménagement intérieur, a réparti dans l’espace les équipements fixes et amovibles pour créer trois zones en fonction des niveaux, depuis le traceur (adepte du parkour) débutant jusqu’au traceur confirmé.

Maîtrise d’ouvrage : SemPariSeine. Maîtrise d’œuvre : Seura Architectes (mandataire), Recréation Urbaine (programmiste), Prisme Events (aménagement intérieur), Light Cibles (lumière). BET : Otéis Sechaud Bossuyt (TCE). Entreprise générale : ERI. Surface : 600 m2 (370 m2 pour la salle de pratique). Montant des travaux : NC.

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