Technique et chantier

Equipement Un centre sportif en cœur d’îlot parisien

Mots clés : Démarche environnementale - Développement durable - Haute Qualité Environnementale - HQE - Normalisation - Marquage CE - Pollution sonore

Promise à certification HQE, cette opération-pilote a fait l’objet d’une approche environnementale fondée notamment sur des exigences en termes d’hygiène des bassins de la piscine et de traitement acoustique de ses espaces.

Dans le quartier du bas-Belleville à Paris (XXe), le complexe sportif Alfred-Nakache a ouvert ses portes en avril dernier. Réalisé par les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti, le bâtiment s’inscrit sur une parcelle trapézoïdale de 39 et 42 m de largeur sur 50 et 54 m de longueur. « Notre proposition divise le terrain en trois bandes parallèles, dédiées aux vestiaires, au sport et au jardin, explique Patrick Berger. Elles sont reliées entre elles par le hall et les circulations. » L’une des contraintes du projet, liée à la densité du site, a été de « positionner la halle aux bassins au milieu de l’équipement, le plus loin possible des fondations voisines, les installations techniques se déployant en dessous », précise-t-il. Ainsi, le premier sous-sol accueille les vestiaires publics, tandis que ceux destinés aux scolaires prennent place dans une galerie à l’étage, en surplomb des plans d’eau.

Floculation-ozonisation

En rez-de-chaussée, la piscine rassemble le bassin principal (25 × 12,50 m), celui d’apprentissage (12,50 × 9,60 m) et une pataugeoire (16 × 7,50 m), sans oublier les douches et les locaux du personnel. Sur ce volume parallélépipédique, reposent deux salles de danse et de fitness, ainsi qu’un espace de musculation, desservis par une coursive donnant sur le jardin connecté à la rue.

Le dernier niveau accueille un dojo pour les arts martiaux, ouvert sur une terrasse accessible qui offre une vue plongeante sur le cœur d’îlot. Au plan structurel, les deux niveaux inférieurs forment un socle composé de poteaux et de dalles en béton armé. Les niveaux supérieurs sont réalisés sur ossature métallique à profilés standard soutenant des planchers collaborants. « Hygiène et acoustique ont présidé au choix des matériaux », souligne Patrick Berger. Ainsi, les trois bassins sont-ils carénés d’acier Inox et les parois de la piscine habillées de panneaux modulaires en fibres de verre, doublés d’un absorbant acoustique. Par souci de continuité visuelle entre les espaces intérieurs et extérieurs, les murs sont revêtus de ces éléments de couleur jaunes qui se retournent en façade sur rue et sur jardin. Pour améliorer la qualité de l’air et de l’eau, une ventilation naturelle des espaces a été installée, ainsi qu’un système de traitement de l’eau par floculation-ozonisation qui abaisse le taux de chloramines irritantes dans l’atmosphère. Enfin, une série de capteurs solaires disposés en toiture devrait assurer une partie du chauffage de l’eau de la piscine.

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ENCADRE

Des bassins carrossés d'Inox

Réalisée par la société HSB France, l’installation des bassins en acier inoxydable intervient après réalisation des éléments de gros œuvre en béton constituant les plages, les parois et les fonds des bassins. Tous les composants en Inox sont préfabriqués en atelier, puis livrés in situ sous forme de modules à assembler. Chacun d’eux est constitué par une tôle polie avec sa goulotte de débordement intégrée en partie haute, soudée sur des renforts verticaux tubulaires. L’assemblage des modules s’effectue en les fixant par des platines aux parois verticales du bassin puis, lorsque l’ensemble est ajusté, par soudure au droit des joints de raccordement. La tôle de fond (à surface antidérapante à partir de 1,50 m de profondeur) est ensuite disposée pour être solidarisée aux parois et fixée sur la dalle. Un procédé qui assure étanchéité, stabilité et hygiène.

ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris, direction de la jeunesse et des sports.

Maîtrise d’ouvrage déléguée : direction du patrimoine et de l’architecture.

Maîtrise d’œuvre : Patrick Berget et Jacques Anziutti, architectes ; Julien Abinal, assistant (projet) ; Boris Bastianelli, assistant (réalisation) ; Coyne & Bellier, BET structure ; Louis Choulet, BET fluides ; Sophie Brindel-Beth, HQE ; ACV, acousticien ; Michel Forgue, économiste ; Melik Ohanian, 1 % artistique ; Gregorio Cuartas, consultant couleurs.

Principales entreprises : Dutheil (gros œuvre, charpente métallique), Sam (façades et fibre de verre), DBS (cloisons, faux-plafonds, peinture), Guiban (plomberie, chauffage, ventilation, traitement d’eau), HSB (bassins Inox).

Surface : 5 200 m2 HON.

Coût des travaux : 17 millions d’euros HT.

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