Management et prévention

Equipement Bien financer son matériel informatique

Mots clés : Gestion immobilière - Informatique - Matériel - Equipement de chantier

Location évolutive, crédit-bail, emprunt : plusieurs moyens existent pour financer la location ou l’achat de matériel. Les entreprises peuvent actionner des dispositifs d’aides et de subventions souvent méconnus.

Trois ans. C’est la période à l’issue de laquelle le matériel informatique est considéré comme obsolète. Maintenir un parc performant exige donc de renouveler régulièrement ses équipements. Pour les entreprises se pose alors la question du financement. Acheter ou louer, s’adresser à sa banque ou à son constructeur… différentes modalités existent.

A l’achat et au crédit-bail (qui permet de devenir propriétaire de son parc), qui furent longtemps la tendance, les PME préfèrent désormais la location. Plus souple, elle dispense des inconvénients de l’acquisition comme le paiement de la TVA ou l’alourdissement du bilan. Mieux encore, la location dite évolutive permet de suivre les avancées technologiques. « Grâce à cette solution, les entreprises peuvent faire évoluer le matériel au cours du contrat, pointe Hervé Vasseur, directeur général d’Arius, filiale de BNP Paribas spécialisée dans le financement informatique. Elles ont en effet besoin de matériel à même de supporter, en termes de mémoire et de puissance de travail, des logiciels de plus en plus performants. Encore plus dans le BTP, où les outils permettant de communiquer à distance avec les chantiers (PC portables, carte 3G…) évoluent très rapidement. »

Attention aux coûts cachés

Proposée par certaines banques et par la plupart des constructeurs, la location évolutive présente d’autres avantages. Elle permet notamment de contourner les coûts cachés de l’acquisition. « L’achat du matériel ne représente que 20 % du financement total du parc, signale Béatrice Kosowski, vice-présidente du financement clients pour l’Europe d’IBM Global Financing, filiale financière du constructeur. L’installation, la maintenance ou l’évolution du matériel génèrent des coûts cachés. Il faut également prendre en compte la gestion de la fin de vie du parc comme la valorisation et le retraitement, qui occasionnent des frais supplémentaires. »

Si la location évolutive occupe une place de choix, le crédit-bail n’a pas pour autant disparu. Adaptée aux équipements à durée de vie longue comme les messageries, cette option convient également aux entreprises qui tiennent à être propriétaires de leur parc. C’est le cas pour 99 % des entreprises qui, à l’issue de leur contrat de crédit-bail, choisissent de racheter le matériel à sa valeur résiduelle.

Outre le crédit-bail, les entreprises désireuses de détenir leurs équipements peuvent opter pour le crédit bancaire. Et profiter alors d’un soutien souvent méconnu : la garantie et/ou le cofinancement d’Oseo, organisme d’aide à l’innovation et à la croissance des PME. Alain de Boisset, directeur du développement d’Oseo, en précise les modalités : « Oseo garantit entre 40 et 70 % du prêt contracté par l’entreprise, en cas de défaillance de celle-ci. Ce partage du risque avec la banque permet d’accélérer les procédures d’emprunt. Quasiment tous les projets sont éligibles du moment que la banque donne son accord. » Prudence toutefois, car toutes les banques ne sont pas partenaires.

Les privilèges du passeport numérique

Ce traitement peut être encore plus rapide pour les entreprises titulaires du passeport numérique (http://www.econumerique.pme.gouv.fr). Lancé par le gouvernement, ce titre est délivré aux entreprises de moins de 20 salariés et de moins de deux ans ayant suivi des formations gratuites aux nouvelles technologies. Ce passeport permet d’obtenir des facilités de financement comme un crédit-bail ou une location financière sans caution jusqu’à 40 000 euros d’encours. Arrivé à terme en 2008, cette disposition du passeport devrait être reconduite jusqu’en 2011 et étendu aux PME de plus de deux ans.

Des subventions locales

Les entreprises non titulaires du passeport peuvent néanmoins compter sur une autre forme d’aide, les subventions. Parmi lesquelles figure la prime d’aménagement du territoire (PAT). Accordée par la délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité du territoire (DIACT), cette prime s’applique uniquement aux projets ayant un impact sur l’emploi. Son montant s’élève alors à 4 000 euros par emploi créé, mais il peut atteindre 15 000 euros pour les projets innovants.

A une échelle plus locale, les entreprises peuvent également activer le fonds régional d’aide au conseil (Frac). Cette subvention prend en charge de 30 à 90 % de l’investissement, en fonction des régions. A deux conditions toutefois : le projet doit être source de dynamisme économique pour la région, et l’entreprise doit appartenir à un pôle régional d’innovation et de développement économique solidaire (Prides). Des aides qui permettent aux entreprises de franchir le pas des nouvelles technologies.

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ENCADRE

Gilbert Gourmelon, gérant de la menuiserie Gourmelon, Saint-Renan (Finistère), 17 salariés« Oseo a financé 70 % de mon projet »

« En octobre 2008, je cherchais des ­financements pour acquérir un local plus grand et l’équiper de trois PC et de deux logiciels. Je ne connaissais pas d’autres moyens que le crédit bancaire. C’est au cours d’une rencontre avec mon ­banquier que ce dernier m’a parlé des dispositifs d’Oseo. L’organisme ­proposait de ­prendre en charge 70 % du prêt et d’en assurer la garantie. Une telle solution a permis d’obtenir facilement le prêt et de mobiliser rapidement les fonds. Il faudrait davantage informer les entreprises sur cette option. »

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