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Eole prend son envol

Considéré comme une « urgence » par le Premier ministre, Manuel Valls, le projet de prolongement du RER E entre la gare parisienne de Haussmann-Saint-Lazare et Mantes-la-Jolie (Yvelines) – dans les tuyaux depuis les années 1990 – vient de franchir une nouvelle étape.

Quatre ans de travaux

« Nous sommes actuellement en phase d’appels d’offres concernant les deux lots les plus importants de génie civil. Le premier lot porte sur le percement d’un tunnel monotube de 8 km entre la gare Haussmann-Saint-Lazare et Courbevoie, ainsi que sur la création d’une gare souterraine à Porte Maillot. Le second lot concerne la réalisation d’une nouvelle gare souterraine à La Défense et des tunnels bitubes de part et d’autre, sur une longueur de 400 m environ », décrit Xavier Gruz, directeur du projet Eole (Est-ouest liaison express).
Prévus pour durer quatre ans, ces travaux débuteront simultanément à l’été 2015, à condition que le contrat de plan Etat- région Ile-de-France 2015-2020 (1,4 milliard d’euros pour les transports) soit bouclé avant cette date. « Je suis serein », commente le responsable. La Société du Grand Paris (SGP), qui apporte déjà son concours à hauteur de 1 milliard d’euros au projet Eole – estimé à 3,3 milliards d’euros -, devrait en sus mobiliser 119 millions d’euros pour financer la totalité des études jusqu’en 2015.
La mise en service d’un premier tronçon, entre Paris et Nanterre (Hauts-de-Seine), est prévue pour 2020. Le second tronçon, entre Nanterre et Mantes-la-Jolie, sera quant à lui opérationnel en 2022, après la rénovation – tout en maintenant les circulations ferroviaires – des 47 km de ligne existante, « pour laquelle 1 milliard d’euros sera investi, ce qui est à noter », tient à préciser Xavier Gruz.

240 m de tunnel par mois

« Le projet Eole est particulièrement complexe, mais c’est ce qui fait tout son intérêt », souligne le directeur du projet. Concernant les travaux, le percement du tunnel sous Paris, à une trentaine de mètres de profondeur, constitue l’une des opérations les plus techniques du projet. « Le tunnelage se fera au rythme moyen de 240 m par mois, afin de limiter au maximum les nuisances aux riverains et au bâti », avance le directeur du projet Eole.
La gestion, en milieu urbain dense, des 900 000 m3 de matériaux excavés représente également un défi de taille. « 70 % de ces déblais seront acheminés jusqu’à des sites de dépôt, à l’aval de Paris, par barges sur la Seine. Les 30 % restants seront évacués par camions », indique Xavier Gruz.
Enfin, autre difficulté de ce chantier et non des moindres : la présence d’amiante sur l’ensemble du tracé – dans les enrobés et les réseaux enterrés – occasionnera des arrêts ponctuels des travaux pour confiner certains chantiers. « Nous devrons anticiper au maximum nos interventions », conclut le directeur de projet Xavier Gruz.

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