Architecture Technique Logement social

Entre intimité et ouverture

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

Loin des oppressantes barres de la Cité des 4 000 de La Courneuve, la résidence François-Villon (jusqu’à R + 5) livrée l’été dernier ravive le quartier avec ses boîtes colorées.

Elle achève la restructuration du quartier de la Tour à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) qui avait commencé avec l’opération qui lui fait face, livrée huit ans plus tôt par l’agence Emmanuelle Colboc. A l’opposé et à l’emplacement des imposantes barres de la Cité des 4000 édifiées au tournant des années 1950-1960, aujourd’hui en grande partie détruites, ces opérations, inscrites dans un vaste programme de rénovation urbaine mené par Plaine Commune depuis dix ans, modèlent un nouveau paysage, bien plus nuancé.

La diversité des architectures comme celle des programmes s’accordent dans un plan d’ensemble dessiné par l’architecte Bernard Paurd qui, s’appuyant sur l’histoire de ce territoire, a voulu recréer des rues, des espaces verts, ménager des retraits, donner un rythme. Peu d’immeubles hauts, sauf les barres restantes, surtout du petit collectif suivant une structure urbaine d’îlots ouverts mais pas toujours à tous. Des équipements et locaux d’activités s’immiscent dans ce maillage.

Nouvelle entrée de ville.

Dans ce contexte, François-Villon-2, immédiatement repérable avec ses « boîtes » colorées en façade, marque l’entrée du nouveau quartier et de la ville, Saint-Denis se trouvant de l’autre côté du carrefour. Divisée en deux immeubles distincts, de trois et cinq étages, l’opération s’adosse à deux pignons de la résidence existante du même nom, constituée de quatre barrettes de quatre étages. Les deux immeubles affirment l’angle de la nouvelle rue du 17-Octobre-1961 avec la rue Renoir d’un côté, et l’avenue de Présov de l’autre.

« Le projet a connu quelques remaniements, raconte l’architecte Antoine Rebière. Entre les deux bâtiments, devant la façade sud de la barre très en retrait de la rue, étaient prévues des maisons qui, finalement, suite aux discussions avec la Ville et les riverains, ont disparu au profit d’un jardin paysagé délimité par un mur de gneiss. »
Les deux immeubles répondent à des contraintes différentes. Celui de 12 logements accessibles sur trois étages ne dispose pas d’ascenseur (obligatoire à partir de 15 appartements et de quatre étages). Seul le rez-de-chaussée peut accueillir des personnes à mobilité réduite (PMR). Deux duplex occupent le dernier étage, la partie haute n’étant pas alors considérée comme un quatrième étage. L’immeuble de 16 appartements, tous en simplex, est accessible aux PMR. La distribution des 28 appartements, du deux au cinq-pièces, établit une séparation jour-nuit et la possibilité de fermer la cuisine tout en évitant les couloirs. Ils disposent de deux ou trois orientations et d’un balcon ou d’une terrasse. La surélévation des rez-de-chaussée, la mise à distance des façades par les balcons équipés de gardes corps en métal déployé ou en canisse-fougère préservent l’intimité de chacun.
Les choix constructifs et d’équipements visent à optimiser les consommations d’énergie – voiles béton à l’intérieur et blocs alvéolaires isolants en périphérie, double vitrage, raccordement à la géothermie, économiseurs d’eau – de même que la compacité, l’orientation des bâtiments ou encore la générosité des ouvertures. Des matériaux durables et faciles d’entretien – parement de brique pour les soubassements, carrelage en grès dans les halls, menuiseries en bois et aluminium, peinture minérale… – assurent la pérennité de l’opération.

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