Technique et chantier

Énergies renouvelables Des éoliennes domestiques en forme de chiens assis

Mots clés : Création d'entreprise - Energie renouvelable - Innovations - Marché de lénergie

Le concept breveté de production d’énergie éolienne domestique Aeolta a déjà séduit les jurys nationaux des Janus de l’industrie 2009 et du prix de la création d’entreprises de technologies innovantes.

Rien de révolutionnaire ne caractérise la technologie éolienne domestique proposée par Aeolta, entreprise créée en juillet 2008 à La Walck (Bas-Rhin) : sur le faîte d’une toiture inclinée au moins à 20°, les modules de 1,30 m de haut et de large profitent de l’accélération de la vitesse du vent, provoquée d’une part par l’effet Venturi causé par le toit, d’autre part par les courbures à l’entrée. Ces « aérocubes » dissimulent un rotor couplé à un axe par un roulement à billes auto-lubrifié.

« Selon les régions, un module peut produire 500 à 2 500 kWh par an, soit 5 à 25 % des besoins énergétiques moyens d’une maison », affirme Philippe Léonard, P-DG d’Aeolta. « Jusqu’ici, les solutions éoliennes domestiques se sont présentées sous la forme incongrue de mâts, difficilement intégrables dans l’architecture. Nous apportons une fonctionnalité nouvelle à la forme connue des chiens assis », résume François Pélissier, P-DG du groupe lorrain Ecologgia, actionnaire majoritaire d’Aeolta. Ce spécialiste de solutions écologiques dans la construction a contribué à affiner le projet à travers sa filiale E2D2.

Approche pluridisciplinaire

Pour passer de l’idée au prototype industrialisable, à l’issue d’un investissement d’un million d’euros en développement, les trois associés de l’entreprise se sont entourés de toutes les compétences mobilisées par leur concept : les physiciens de Système Vip – issu d’un essaimage de l’université de Strasbourg – et les spécialistes américains de la mécanique des fluides Blueridge ont confirmé la viabilité technique en fonction du comportement du vent sur une toiture ; le bureau d’études alsacien Maia Entreprises a construit le prototype et intégré ses composants.

« Le design intégré, validé par Innovation In Design, a suscité l’unanimité du jury des Janus de l’industrie », souligne Philippe Léonard. Aeolta est allé jusqu’à confier un audit réglementaire au cabinet d’avocats strasbourgeois Soler Couteaux. Enfin, le bureau d’études spécialisé dans les structures du bâtiment SIB a cherché à faciliter l’appropriation du produit par les installateurs.

Cette démarche se traduira dans le package proposé à la vente : pour qu’un couvreur seul puisse le poser, un module se présentera sous la forme d’un maximum de dix sacs de moins de 10 kg. Soucieux de l’image écologique d’un produit dont la légèreté et la forme imposent une enveloppe plastique, les créateurs d’Aeolta ont choisi d’utiliser du polypropylène recyclé, extrudé et soufflé, mélangé à 15 % de sable : « Nous proposons les premières éoliennes offrant une seconde vie à des bouteilles de lait », sourit Philippe Léonard.

L’industrialisation du concept fait l’objet de négociations avancées avec un plasturgiste de l’Ain. Un dossier Pass’Innovation, en cours d’instruction au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) laisse espérer aux créateurs un Avis technique en 2010, avant le démarrage de la commercialisation dans l’habitat individuel et le bâtiment industriel.

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L'éolien domestique :un no man's land juridique

Pour raccorder une éolienne au réseau de distribution d’électricité et bénéficier d’un tarif d’achat, la réglementation française exige que l’exploitant se situe en « zone de développement éolien ». « Lorsque nous avons présenté Aeolta au ministère de l’Ecologie, nos interlocuteurs ont immédiatement pris conscience de la nécessité de s’affranchir de cette contrainte à travers une réglementation spécifique à l’éolien domestique », affirme François Pélissier, actionnaire majoritaire d’Aeolta. L’entreprise a saisi le syndicat des énergies renouvelables pour créer un groupe de travail sur le sujet. « En fonction du prix de revient de l’éolien domestique, il s’agirait d’intégrer à la réglementation un tarif d’achat équitable, similaire à ce qui existe pour le photovoltaïque », précise François Pélissier.

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