Architecture Technique Patrimoine

En son écrin, la grotte Chauvet reconstituée

Mots clés : Conservation du patrimoine - Ouvrage d'art

Rebaptisée « Caverne du Pont-d’Arc », la perle de la Préhistoire a désormais sa copie à l’hyperréalisme saisissant.

Vingt ans ont passé entre la découverte de la grotte et, ce 25 avril, l’ouverture au public de sa réplique, accompagnée des pavillons qui en permettent la compréhension. Longue attente, pourtant anecdotique au regard des 36 000 ans qui nous séparent des hommes qui ont orné le lieu : deux fois l’âge de Lascaux ! Le site ardéchois a aussi ravi la prééminence artistique à son homologue périgourdin, comme la palme de l’état de conservation. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’après la décision prise par le conseil général de réaliser une reconstitution de la grotte, garanties et étapes aient été multipliées pour que ce projet, appuyé par l’Etat, soit à la hauteur de l’original : études scientifiques, concours d’idées, création d’un syndicat mixte (département et région), concours international d’architecture enfin, dont les agences Fabre/Speller et Atelier 3A furent lauréates. Avec cette copie, « notre ambition était de permettre aux visiteurs de ressentir la surprise absolue d’une découverte unique au monde », expose Pascal Terrasse, alors président du conseil général, qui poursuit : « Un euro consommé ici en apportera sept en retombées dans le département. »

Six entités

. L’Ardèche veut exploiter ici l’opportunité de devenir destination de tourisme culturel, en escomptant 400 000 visiteurs par an à l’espace de restitution. Un aménagement de taille étant irréalisable sur le site escarpé de la grotte originelle, c’est le plateau du Razal, à deux kilomètres, qui a été choisi. Les architectes ont tiré parti de 29 hectares densément boisés pour scinder le programme en six entités : accueil-boutique, pôle pédagogique, galerie de l’Aurignacien, espace événementiel, restaurant, fac-similé de la grotte. Solution judicieuse qui leur permet d’associer étroitement les architectures au modelé du paysage et de placer la réplique au terme du parcours, en une sorte de progression initiatique.

Affleurements calcaires

. Depuis l’aire de stationnement, on ne voit parmi les chênes que l’arc de cercle du pavillon d’accueil. Il faut s’approcher pour percevoir comment les constructions soulignent les courbes de niveaux. Les architectes les ont voulues comme des excroissances du calcaire qui affleure le sol. Avec leurs plis en pointes de diamant, la façade en béton matricé évoque ces affleurements. C’est aussi à la roche que font penser les autres modes constructifs, que ce soit les parements extérieurs en pierre sèche (une part des 5 000 m2 de murs ainsi appareillés l’a été avec le calcaire issu des excavations), ou les élévations en béton projeté, aux volumes torturés et surfaces éclatées comme par le gel. L’auvent unissant l’accueil au pôle pédagogique utilise cette dernière technique sous forme d’une enfilade de colonnes champignons. La même technique de béton projeté sur armature métallique – utilisée en façade – a permis de reproduire, à l’intérieur de la structure, les parois accidentées de la grotte d’origine, avant que sculpteurs et copistes ne poursuivent l’ouvrage.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : SMERGC. Maîtrise d’œuvre : Fabre/Speller-Atelier 3A, architectes. BET : F. Neau (paysage), Scène/Tempora (scénographie), Girus (TCE). Entreprises : AAB, Arc & Os, Berthouly, Cabrol, Campenon Bernard, Cofex, Déco Diffusion, Freyssinet, Mira-Charmasson, Moulin, Perazio, Phénomènes, Rivasi, Socra. Surface : 8 000 m2 SU. Coût des travaux : 42 millions d’euros HT.

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