Régions Villeneuve-d'Ascq

En pleine opération du cœur

Dans le Nord, personne n’est jamais allé « dans le centre de Villeneuve-d’Ascq ». Tout le monde va « à V2 ». Depuis la construction de la ville nouvelle à la fin des années 60, l’immense centre commercial de 10 hectares a totalement éclipsé la mairie, le théâtre ou le forum des sciences adjacents. Pour redessiner le centre de Villeneuve-d’Ascq – un projet à 45 millions d’euros baptisé « Grand Angle » – ,l’agence UP, sélectionnée en septembre 2015 n’a pas tenté de contourner le mastodonte. Cinq mois de discussions ardentes avec Unibail, propriétaire des lieux, ont débouché sur une belle avancée : un passage couvert lisible, pratique, ouvert de 7 h à minuit, et traversant le centre et son parking. Une vraie bénédiction pour les piétons des lieux, contraints au gymkhana entre escaliers, passerelles, passages en sous-sol ou au slalom entre les voitures.

Prévu pour 2018, ce « corridor » sera réalisé par David Mangin, de l’agence Seura Architectes, concepteur des halles de Paris, et payé par Unibail, opportunément en pleine réhabilitation de V2 pour plus de 100 millions d’euros.

Faire d’un centre-ville d’une commune de 63 000 âmes le pôle attractif d’une métropole.

Réaménager les espaces publics. « Niveler l’espace public et simplifier les parcours », résume Clarel Zéphir, urbaniste chargé du projet chez UP. Le tout à vitesse à grand V. Outre la reconnexion de V2 avec son environnement, le réaménagement des espaces publics s’appuie sur la création de trois places facilement identifiables : une agora moderne à l’endroit de l’actuel hôtel de ville (voué à être démoli en 2020 et remplacé par une maison des citoyens) ; une place commerciale avec des boutiques de proximité complémentaires à V2 ; un forum vert autour du parc, actuellement enclavé, de l’école d’architecture. À terme, une boucle douce, pensée pour les piétons et les cyclistes, desservira ces points d’attractivité. Un beau programme nécessitant la réappropriation urbaine des abords de cette 2×2 voies qui tranche la ville en deux. La construction du Beam, bâtiment à l’architecture audacieuse développant 17 000 m2 de bureaux porté par Adim (filiale de Vinci) et signé De Alzua et MRVDV, devrait encourager la métamorphose de cette « autoroute » en boulevard urbain.

« Attirer et conforter la population. » Le deuxième axe stratégique de « Grand Angle » concerne le boulevard de Tournai sur lequel est situé le stade Pierre Mauroy. La MEL (Métropole européenne de Lille) a fait de l’urbanisation de cette voie reliant Villeneuve-d’Ascq à Lille une priorité. Et peut se réjouir du lancement de deux gros chantiers dans les mois à venir : la construction par Orange de son nouveau siège régional (voir encadré) et l’installation pour 72 millions d’euros du siège mondial (30 000 m2 ) du géant de l’habillement Kiabi d’ici 2020. Métamorphosé ces dernières années par l’implantation de bureaux, de commerces et d’équipements de loisirs, le secteur doit maintenant accueillir des habitants. « L’enjeu de ce centre du XXIe siècle, c’est aussi attirer des gens qui ont les moyens et conforter une population qui, sans cela, risque de partir » rappelle Gérard Caudron. Optimiste : « Dans dix ans, Villeneuve-d’Ascq ne sera plus une commune, mais un quartier parmi les plus attractifs de la métropole ».

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ENCADRE

Feu vert pour Orange

L’opérateur téléphonique a décroché le bon lot. En 2019, son siège régional destiné à réunir ses 1 200 salariés métropolitains sera face au stade Pierre Mauroy. Imaginé par Valode et Pistre Architectes, le bâtiment qui, vu d’avion, rappelle le logo Renault, se veut exemplaire en économie d’eau et d’énergie avec un confort acoustique et visuel haut de gamme. Construit par Eiffage pour 60 millions d’euros, il développe 19 000 m2 de surface de plancher. Une opération qui participe au record atteint l’année dernière par la métropole lilloise sur le marché de bureaux : 225 000 m2 de transaction (en hausse de 35 % par rapport à 2015). Lille reste troisième sur le marché tertiaire, après Paris et Lyon. Un tiers de ces transactions concernait Villeneuve-d’Ascq (un quart à Lille).

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