Territoires Nord-Pas-de-Calais

En dehors de l’arrondissement de Lille, point de salut pour le logement neuf

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Politique du logement

En 2014, il s’est vendu 3 144 logements neufs en Nord-Pas-de-Calais : 640 de plus qu’en 2013 (+ 25,5 %) – année qui avait vu les ventes dévisser -, et le score le plus élevé depuis 2010. Notons, toutefois, la forte augmentation de la part des ventes en bloc (+ 77 % par rapport à 2013, à 27 %), tandis que les ventes aux particuliers progressent plus faiblement (+ 13,7 %). Cette hausse s’est en grande partie effectuée sur le dernier trimestre : l’effet accélérateur d’un dispositif Pinel « qui marche plutôt bien, à l’inverse du Duflot qui vivotait », dixit Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers Nord. L’investisseur fait, en effet, un retour en force en s’accaparant 57 % de la production. Néanmoins, les mises en vente augmentant concomitamment, les stocks continuent de grimper : + 15 %, pour se situer autour de 3 000 unités.

Ces statistiques du Cecim Nord méritent toutefois d’être approfondies. Le rapport 2014 de l’observatoire du logement révèle que 86 % des transactions se concentrent dans l’arrondissement de Lille : un record ! Mais, là encore, malgré un fort rebond des réservations (+ 23 %), l’offre disponible continue de grimper (+ 17 %)… Alors même que la Ville déploie une politique de logement proactive. Pascal Boulanger a son explication : « Lille est une ville de célibataires, et les élus nous demandent de construire de grands logements pour corriger cette situation. Mais ces produits nous restent sur les bras. Les gens qui désirent de l’espace sortent généralement de la ville pour s’offrir un jardin. » De fait, les « T3 et plus » représentent 76 % de l’offre de logements achevés, et plus de 50 % de l’offre sur plan.

L’acquéreur ne fait plus le prix.

A Lille, où l’activité progresse de 70 % en centralité, le prix moyen s’établit à 3 000 euros/m2, très en deçà d’une métropole régionale comme Lyon mais dans la moyenne nationale. « La théorie dit que le prix du logement est fixé par l’acquéreur mais c’est aujourd’hui le détenteur du foncier qui dicte sa loi », commente Didier Cornuel, professeur d’économie immobilière à l’Université Lille 1. Pas moins de 70 % des ventes lilloises sont réalisées avec des investisseurs, ce qui va totalement à contre-courant des objectifs de la municipalité.

Pour Jean-Michel Sède, président du Cecim Nord, « les premiers mois de 2015 confirment la tendance à la reprise de 2014 ». Pascal Boulanger croit également en « un mouvement de fond ». Toutefois, l’immobilier est un marché dépendant de la confiance en l’avenir, et la dégradation de celle-ci ne va pas dans le sens d’un écoulement rapide des stocks…

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X