Architecture Technique Habitat

En bord de route, priorité au calme

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Réseau routier

Sur la Côte d’Azur, des logements contournent les nuisances d’un rond-point pour offrir un cadre de vie paisible.

«Dans les Alpes-Maritimes, la carence en logements sociaux est forte, alors, quand on dispose d’un terrain à bâtir même compliqué, on fait avec », indique Philippe Toesca, président de Logis familial, gestionnaire de 3 600 logements dans ce département. Lorsqu’en 2008, la Ville de Mouans-Sartoux a lancé une consultation pour réaliser un immeuble d’une dizaine d’appartements entre un rond-point et des voies ferrées, le bailleur social a répondu présent. Il a fait équipe avec les architectes niçois Pierre-André Comte et Stéphane Vollenweider (lauréats du Prix de la Première œuvre 2007 du Moniteur). Leur projet proposait une réflexion urbaine en plus du programme architectural. Il prévoyait une densification progressive de l’îlot avec de petits immeubles collectifs à R + 2 côté rond-point et à R + 3 côté voies ferrées. La première tranche de 17 logements, livrée en 2015, constitue la tête de pont du projet. Elle a été primée cette année-là au Palmarès régional de l’habitat. « Un chantier de deux tranches plus importantes – environ 60 logements, dont deux tiers en locatif et un tiers en accession – pourrait débuter en 2017 », estime le président de Logis familial. La création d’un mail planté le long de la ligne SNCF Cannes-Grasse permet d’ores et déjà de relier agréablement ce quartier en mutation au centre-ville historique.

Du bon usage de l’espace.

Freinés par des riverains prônant un style néoprovençal – mais poussés par une municipalité encourageant l’architecture contemporaine -, maître d’ouvrage et maître d’œuvre ont bâti une résidence à la fois chiche en matériaux et généreuse en espaces. Les 17 logements sociaux (PLAI) sont répartis sur six plots : quatre accolés côté rond-point et deux séparés côté voies ferrées. Les volumes oblongs ont été construits en béton brut avec un fond de coffrage en panneaux de particules de bois (OSB) qui donnent aux parois un relief subtil sous le soleil azuréen. Soleil dont les habitants se protègent en façades Est et Ouest par des volets en bois toute hauteur. Ceux-ci coulissent en accordéon devant chaque loggia d’appartement, préservant l’intimité des résidents du regard des passants. « La double orientation est-ouest des logements permet de cadrer des vues sur le paysage lointain et de proposer un cœur d’îlot tranquille », soulignent les fondateurs de l’agence Comte & Vollenweider. Les habitants accèdent à leur logement via des coursives à structure et platelage en bois, avec garde-corps en acier galvanisé. « Les matériaux sont bruts, les teintes naturelles », assument les architectes. Une fois le palier de la porte franchi, les résidents disposent d’un « grand logement traversant comprenant séjour et cuisine », décrit Philippe Toesca. Le président de Logis familial divulgue que sa « marotte » est « la chasse aux couloirs ». Il préfère les portes coulissantes et les petits sas qui desservent les chambres, la salle de bains et les sanitaires. Selon lui, « il faut une bonne conception de l’espace pour en faire un bon usage ».

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Logis familial. Maîtrise d’œuvre : Comte & Vollenweider Architectes. BET : Ginger Sudequip. Entreprise générale : Cari. Surface : 1 350 m² Shon. Coût des travaux : 2,53 millions d’euros HT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X