Edito

En attendant le printemps

Consulter, décider, budgéter et fixer un agenda. La grammaire de la méthode Macron s’accordait jusqu’à présent avec les suppliques des acteurs de la construction. Il faut desserrer le corset réglementaire, dégripper le levier de l’investissement, offrir de la visibilité sur les grands projets et les incitations fiscales pour le logement… C’est maintenant sur l’action que le plus jeune locataire de l’Elysée est attendu.

Le BTP applaudit la transformation annoncée du compte « pénibilité » en compte de « prévention », ainsi que l’accélération du plan France très haut débit. C’est à la fois beaucoup pour un président en poste depuis quelques semaines, et peu pour celui qui fut un fougueux ministre puis candidat, suscitant de grands espoirs auprès de ses interlocuteurs. Plusieurs annonces et incertitudes désorientent même les exégètes de la pensée macronienne et engendrent la circonspection.

Celle-ci s’est franchement cristallisée lors de la première conférence des territoires, le 17 juillet. Avec 13 milliards d’euros de dépenses à traquer – 3 milliards de plus qu’annoncé – et une taxe d’habitation amputée, les élus locaux ont du mal à se projeter vers le pacte qui doit sanctuariser des budgets d’investissements pour les cinq prochaines années.

Plusieurs annonces et incertitudes désorientent les exégètes de la pensée macronienne.

Chez les professionnels, l’inquiétude ne perce pas encore. Mais l’enthousiasme cède le pas à la vigilance. Et pour cause : la maintenance et l’entretien des réseaux existants deviennent prioritaires, mais les grands projets du Lyon-Turin ou du Canal Seine-Nord marquent une pause. L’A45 et la LGV Bordeaux-Toulouse restent dans les limbes. Concernant le logement, personne ne peut encore parier sérieusement sur la prorogation des dispositifs Pinel ou PTZ. Il est encore trop tôt pour sombrer dans le pessimisme. Le BTP devra toutefois se montrer convaincant et combatif lors des prochaines échéances de septembre (conférence sur les mobilités), de l’automne (loi Logement) et de l’hiver (seconde conférence des territoires). Juste après, c’est le printemps, nous dit le calendrier.

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