Enjeux

Edeis, l’ingénierie au pouvoir

Mots clés : Conception - Concurrence

Issu du rachat des activités françaises de SNC-Lavalin, l’ingénieriste entend faire valoir son expertise.

« L’ingénierie doit être ingénieuse. La profession doit prouver sa capacité à innover. Sinon, elle mourra ! » Tel est le credo de Jean-Luc Schnoebelen, président d’Edeis depuis le rachat des actifs de SNC-Lavalin en France fin 2016. Jean-Luc Schnoebelen connaissait bien la branche hexagonale du géant canadien, spécialisée dans l’ingénierie et la concession d’aéroports. Avant de la reprendre, il a conseillé ses anciens dirigeants pendant un an et demi. « Dans ce domaine, les hommes sont la matière première. Connaître les équipes est primordial pour construire l’avenir », estime-t-il. D’autant que sa vision du métier risque de bousculer les mentalités.

Le modèle anglo-saxon. « En France, nous sommes dans une ingénierie de type latin, qui travaille en parallèle avec les architectes et les entreprises générales. Problème : ces acteurs nous imposent notre métier. A l’inverse, l’ingénierie anglo-saxonne est leader : elle fait tout, voit la globalité des projets et impose ses choix aux autres. » Sa volonté est donc claire : faire converger les deux ingénieries, pour ne plus subir et être force de proposition.

A cet égard, Jean-Luc Schnoebelen mise sur « l’expertise à outrance ». Ses cibles : le milieu hospitalier, l’industrie et les infra structures de transport, particulièrement les aéroports. « Nous en exploitons 19, précise Youssef Sabeh, directeur général adjoint. Ils doivent servir de vitrine pour le savoir-faire de nos ingénieurs. Car qui mieux que nous peut en concevoir ? » Le but est d’apporter aux maîtres d’ouvrage une véritable réflexion sur l’avenir et l’évolution des usages. Des données encore peu intégrées dans l’acte de construire, selon Jean-Luc Schnoebelen : « Une dizaine d’années s’écoulent entre la décision de construire un hôpital et sa livraison. » Or, maintenance, gestion de la durée de vie, augmentation de la qualité de service à coût constant, adaptabilité sont des sujets nouveaux et très rémunérateurs, indique Eric Gratton, chargé des transports chez Edeis. Y compris sur de l’existant.

Mener ces réflexions en amont permettrait de générer des économies sur le long terme. « Si nous garantissons un gain de qualité, d’économie de production, d’exploitation, d’énergie, etc. , bref, si nous apportons de l’innovation, le client sera prêt à mettre le prix », assure le président. La valeur ajoutée tient dans la promesse de réaliser « du sur-mesure, non du prêt-à-porter ».

Edeis compte imposer sa vision et son expertise en France. Elle a, pour cela, des perspectives intéressantes : restructuration du CHU d’Abbeville et de l’hôpital Lariboisière de Paris, coordination du prolongement de la ligne 11 du métro, réaménagement des places de la Madeleine et de la Bastille sont sur ses tablettes. « Mais le marché français n’est pas suffisant pour l’ingénierie », constate le président. Sans « faire la course au chiffre d’affaires », il souhaite compenser la perte d’activité en se tournant vers l’international, notamment vers l’Europe. Le but : augmenter la part de l’export à 50 %, contre 10 % actuellement.

137 M€ de chiffre d’affaires

Environ 70 M€ pour la partie ingénierie

600 salariés sur cette activité (1 100 au total)

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