Enjeux

Edeis et l’Ires rêvent de bâtiments plus sains

Mots clés : Établissements de soins - Innovations

L’ingénieriste et le laboratoire s’allient pour bâtir un référentiel et proposer des innovations dès la conception des projets.

C’est l’histoire de deux entrepreneurs qui se retrouvent.

Pierre Muller, fondateur de l’Institut de recherche et d’expertise scientifique (Ires), avait vendu son premier laboratoire en 2002 à Ginger, ingénieriste créé par Jean-Luc Schnoebelen. Quinze ans plus tard, rebelote. Alors que le second vient d’acquérir les actifs de SNC Lavalin en France pour fonder Edeis début 2017, Pierre Muller lui propose un nouveau partenariat. Depuis 2011, l’Ires est un laboratoire qui s’est notamment spécialisé dans l’analyse des polluants à l’intérieur des bâtiments. Au-delà de l’impact carbone, ce sont les problématiques sanitaires qui l’intéressent. A la tête d’Edeis, Jean-Luc Schnoebelen y voit une complémentarité avec son métier.

La pollution intérieure, une niche à exploiter. Edeis a ainsi pris une « participation importante » il y a quelques semaines dans l’Ires, qui avait besoin de s’adosser à plus grand que lui pour mieux « vendre son système » et se développer. Objectif : doubler le chiffre d’affaires du laboratoire (environ 150 000 euros en 2016). Avec son équipe de six personnes, Pierre Muller met au point des technologies de prélèvements et d’analyses sur l’air, l’eau, les matériaux et les poussières au sein des bâtiments, grâce à des filtres et/ou des capteurs. Il propose aussi l’analyse de cheveux. « La prise de conscience de l’impact des polluants présents en intérieur est récente. Nous sommes sur une niche pour laquelle la réglementation n’existe pas ou peu », constate-t-il.

Le but de ce partenariat est d’avoir « un coup d’avance sur la réglementation, notamment concernant l’utilisation et la traçabilité des matériaux », précise Tom Lerouge, directeur des projets de développement chez Edeis.

Le partenariat doit permettre d’aller au-delà des besoins formulés dans les appels d’offres.

Deux types de démarches sont envisagés pour limiter au maximum toute source polluante d’un bâtiment (pesticides, ondes, perturbateurs endocriniens… ) : « D’une part, l’audit ou le diagnostic de l’existant, pour développer des mesures correctives et, d’autre part, l’utilisation des outils de l’Ires pour la conception, la construction et la maintenance des infrastructures », détaille David Fitoussi, directeur général délégué de l’ingénieriste. Ce qui permettra de proposer des solutions intégrées pour améliorer l’environnement intérieur et se distinguer avec des propositions innovantes allant au-delà des besoins formulés dans les appels d’offres.

Label en vue. Edeis et l’Ires souhaitent mettre au point un référentiel et une méthodologie d’ici à la fin de l’année. Voire concevoir un label. Pour cela, ils s’appuieront notamment sur les audits réalisés dans les agences régionales de l’ingénieriste.

Alors qu’ils proposent déjà à certains clients privés, comme des centres de formations, de rejoindre l’aventure, les deux partenaires comptent sur le déploiement « rapide » d’une offre. Et visent tous les types de bâtiments : écoles et ERP, équipements sportifs, bâtiments de santé, immobilier tertiaire mais aussi résidentiel « car nous passons 80 % de notre temps en intérieur », remarque Pierre Muller. Edeis souhaite créer un canal de croissance « difficile à chiffrer pour le moment », selon David Fitoussi. Et contribuer à l’objectif « d’aller vers un monde et des bâtiments plus sains ».

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