Annuel aménagement

Eaux pluviales : une ressource à intégrer

Mots clés : Aménagement paysager - Démarche environnementale - Développement durable - Eau

160 m3 par habitant et par an, c’est en Europe le volume d’eau de pluie que reçoit en moyenne une zone urbaine de densité moyenne (5 000 hab/km2) : de quoi couvrir trois fois les besoins individuels en eau non potable (arrosage des jardins, lavage des sols, alimentation des sanitaires, lavage du linge…). Des utilisations qui ont pourtant été longtemps alimentées par le réseau public. En effet, les eaux pluviales urbaines étaient considérées comme une nuisance à évacuer au plus vite vers les conduites d’assainissement via les gouttières et les caniveaux.

Cependant, l’étalement urbain a fini par éprouver les limites de ces réseaux enterrés. Un lotissement, une zone commerciale ou d’activités génèrent une imperméabilisation des sols de l’ordre de 60 % en moyenne, cette proportion passant à 85 % en tissu dense. Cette artificialisation massive augmente mécaniquement les volumes d’eau à traiter. Lors de fortes précipitations, les réseaux saturent, le trop-plein étant rejeté en surface, au point bas des villes.

Ces inondations urbaines sont pointées du doigt depuis quelques années tant pour leur coût que pour leur impact écologique sur la qualité des masses d’eau naturelles. Le cadre réglementaire a suivi ces préoccupations environnementales : la directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines (1991) impose en particulier le traitement des eaux polluées, y compris lors des évènements pluvieux. Premier effet, la totalité du parc français de stations d’épuration doit être mise aux normes d’ici à la fin 2010, échéance confirmée par la loi de programmation Grenelle environnement. De plus, le tissu urbain doit être modelé pour retenir les écoulements et écrêter les pointes de débit vers les conduites enterrées. Un tournant, et un coup d’envoi au développement des techniques de gestion dites alternatives.

Le principe est simple : stocker les précipitations au plus près de leur point de chute par des ouvrages aménagés le plus souvent en surface. Toitures végétalisées, noues, puits d’infiltration, chaussées réservoirs, etc. Ces dispositifs s’adaptent au foncier disponible et multiplient les obstacles à l’écoulement : par les sols, avec des traitements végétaux améliorant le stockage local ; par le nivellement, avec des modelés circonscrivant les espaces inondés ; par la disposition de ces ouvrages enfin, comme les noues de collecte aménagées au droit des pentes.

Mis en réseau, ces systèmes de gestion des eaux pluviales écrivent un nouveau paysage urbain, marqué par la valorisation de l’eau dans des ouvrages souvent végétalisés. Un retour de la nature en ville essentiel à la réalisation des trames vertes, corridors biologiques propices à la circulation des espèces et au maintien de la biodiversité.

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