Métier

Dubrac TP joue la carte de l’ancrage local

Mots clés : Monde du Travail - Travaux publics

L’entreprise rayonne principalement sur la Seine-Saint-Denis et embauche les jeunes des quartiers difficiles.

Bientôt centenaire, Dubrac TP constitue l’un des plus beaux fleurons franciliens des entreprises familiales de travaux publics encore indépendantes. Créée en 1922, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) par Alexandre Dubrac, jeune Limousin venu paver les rues de Paris, elle est aujourd’hui dirigée par son petit-fils. Francis Dubrac rejoint la société en 1984 à la mort de son père pour travailler aux côtés de son frère aîné et de son oncle. Lorsque ce dernier, en 2002, fait valoir ses droits à la retraite, Francis Dubrac rachète la société à sa famille, n’hésitant pas à hypothéquer ses biens. Dubrac Frères devient alors Dubrac TP.

En treize ans, le chiffre d’affaires va passer de 15 à 40 millions d’euros et les effectifs doubler pour atteindre 300 salariés. Une montée en puissance fondée sur la mise en œuvre d’une démarche de qualité environnementale avec, dès 2004, l’acquisition d’une unité de revalorisation par concassage des matériaux issus des démolitions de chantier mais surtout sur le fort ancrage local de l’entreprise. Spécialisée dans les travaux de voirie et d’assainissement, elle réalise 70 % de son activité en Seine-Saint-Denis et recrute son personnel dans les cités HLM voisines. Le siège social se situe entre les quartiers du Franc-Moisin, à Saint-Denis, et des 4 000 à La Courneuve. « C’est une chance car ces grands ensembles sont des réservoirs de main-d’œuvre potentielle », déclare le P-DG, qui habite sur place. Avec en moyenne 20 à 25 jeunes embauchés par an (sauf en 2015), « cette politique de formation et d’intégration représente un gros effort mais elle nous vaut d’être reconnus et nous permet de travailler partout, y compris dans les quartiers sensibles », ajoute-t-il.

Savoir aller à l’essentiel.

En prenant les rênes de la société, Francis Dubrac n’a pas renoncé à son engagement au service du développement du territoire. « En 1992, après la phase de désindustrialisation, le maire communiste de l’époque, Patrick Braouezec, m’a demandé de l’aider à faire revenir les patrons à Saint-Denis », rappelle-t-il. Président de Plaine Commune Promotion, de l’office du tourisme, vice-président du Medef 93-94…, il s’est forgé au fil du temps un solide réseau, qui l’a conduit jusque dans le bureau du président de la République pour défendre le projet de reconstruction de la seconde flèche de la basilique de Saint-Denis. Pour mener de front toutes ces activités, il faut, dit-il, « savoir aller à l’essentiel, déléguer et avoir d’excellents collaborateurs ».
Après une année 2015 en léger retrait, Francis Dubrac envisage l’avenir avec confiance. « Le projet du Grand Paris va générer beaucoup d’activités et la construction du futur métro devrait jouer un rôle d’aspirateur à majors du BTP, qui ne viendront plus nous concurrencer sur les petits marchés de travaux publics », espère-t-il. Anticipant le lancement d’appels d’offres à l’échelle métropolitaine, il vient d’acquérir une PME dans le sud francilien. A 60 ans, ce patron très actif ne songe pas à raccrocher. En tous les cas, pas avant une dizaine d’années.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X