Architecture Technique Génie climatique

Du recyclage perpétuel de l’air chaud

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Chauffage - froid - Equipements techniques et finitions - Gaz - Matériel - Equipement de chantier

A Annemasse, des logements sont chauffés par des pompes à chaleur gaz. Elles sont alimentées par de l’énergie récupérée sur la ventilation.

Fatale, c’est par ce qualificatif tragique que l’on caractérise la chaleur rejetée par une construction dans l’environnement. Cette énergie, contenue dans l’air et dans l’eau, pourrait encore servir aux usages du bâtiment. Le sujet commence à intéresser les entreprises, et différents procédés destinés à la recycler se développent. Dans la résidence Cœur de Ville à Annemasse (Haute-Savoie), le bureau d’études Céna Ingénierie a conçu pour le promoteur Bouygues Immobilier un système de récupération d’énergie sur l’air extrait au moyen de deux pompes à chaleur (PAC) à absorption gaz. Depuis septembre2015, cette installation peu courante couvre 62% des besoins en eau chaude sanitaire (ECS) et en chauffage des 89logements du site, répartis sur 5854m² habitables. Deux chaudières gaz à condensation complètent le dispositif. «Nous avons opté pour ce système de chauffage sur proposition de notre bureau d’études. Il s’inscrit dans notre volonté d’innover et d’améliorer la performance thermique de nos constructions», souligne Vincent Davy, directeur de l’agence Pays de Savoie de Bouygues Immobilier.

La contrainte du centre-ville.

L’emplacement du complexe limitait le panel des énergies renouvelables utilisables. L’espace est insuffisant pour installer des sondes géothermiques profondes, et l’implantation en centre-ville rend l’approvisionnement d’une chaufferie bois difficile. Céna Ingénierie a donc opté pour la récupération. « Nous avons profité de l’accès au réseau de gaz. Les PAC gaz à absorption se révèlent plus performantes qu’un modèle électrique pour la production d’ECS. Par ailleurs, selon les exploitants, leur entretien est très simple. Le circuit frigorifique est scellé et ne nécessite pas d’intervention. Seul le brûleur requiert un entretien », explique Dominique Céna, président du bureau d’études. L’air extrait de la résidence chauffe un échangeur thermique où circule de l’eau glycolée. Le liquide est ensuite stocké dans un ballon tampon de 1 500 litres. Les deux PAC à absorption gaz Xinoé du constructeur France Air prélèvent des calories dans cette réserve. Elles les transmettent à l’eau du circuit de chauffage. Le fluide ainsi réchauffé est emmagasiné dans deux réservoirs. Il est libéré en fonction de la demande, et préchauffe aussi l’ECS. Le coût de ce module supplémentaire se monte à 77 060 euros HT.

Le projet ne se borne pas à l’installation du système. Son fonctionnement fait l’objet d’un suivi financé par Gaz Réseau Distribution France (GRDF) et France Air. « Aujourd’hui, les valeurs mesurées nous indiquent une activité normale. Nous ne constatons pas de cycle court, préjudiciable à la longévité des équipements, observe Dominique Céna. Le procédé doit toutefois disposer d’un débit d’air suffisant. Il peut s’appliquer à des bâtiments qui comptent plus de 80 logements. »

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