Architecture Technique Ehpad

Du nouveau pour les anciens

Mots clés : Grand âge - Structures d'accueil pour personnes âgées et personnes handicapées dépendantes

Les établissements d’hébergement pour personnes âgées visent à présent l’intégration dans l’environnement comme remède à l’isolement.

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Anglet (Pyrénées-Atlantiques) Dialogue avec la nature

Niché dans un écrin de verdure, cet Ehpad de 88 places a été conçu par les architectes de l’agence Séquences (Toulouse) en étroite relation avec la nature. D’où l’allure forestière de l’édifice bardé de planches de pin maritime, dont la pose en clins accentue la rusticité. Le bâtiment rattrapant le dénivelé de terrain, le premier étage se trouve de plain-pied avec la partie haute du site. Les résidents les plus mobiles peuvent ainsi sortir directement, sans passer par la case accueil du rez-de-chaussée. Le bâtiment est partout en interaction avec le paysage naturel, pour des utilisateurs qui, pour la grande majorité d’entre eux, ont vécu en milieu rural. En prolongement d’un environnement à l’état sauvage, le jardin aménagé pénètre entre les deux corps de bâtiment jusqu’au seuil du grand salon. Les espaces collectifs sont équipés de grandes baies vitrées protégées par des rideaux d’arbres. Une question se pose néanmoins : la nature est-elle à même de lutter contre l’exclusion ?

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Maîtrise d’ouvrage : Office 64 de l’Habitat. Maîtrise d’œuvre : Séquences (M. Pirovano, J. Terlaud, A. Fleuriot), architecte mandataire ; C. Juvé, chef de projet ; BET : J. Andueza (paysage), Ingecobat (économiste), Carte Atlantique (fluides), BCET (structure), Gamma Conception (cuisiniste). Principales entreprises : Mainhaguiet (gros œuvre), Sorebat Aquitaine (bardage, isolation des façades), Labastère 64 (menuiseries extérieures), Etchepare (menuiseries intérieures). Surface : 4 812 m2 Shon. Montant des travaux : 6,472 M€ HT.

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Paris XIVe Le grand âge au secours de l’hôpital

La réalisation de cet établissement de 98 places, avec crèche au rez-de-chaussée, est en elle-même une petite opération de restructuration urbaine qui permet à l’hôpital Notre-Dame-de-Bon-Secours d’amorcer une nouvelle dynamique. Conçu par les architectes d’AZC (aussi en charge du réaménagement paysager global), le bâtiment a pris place le long de l’axe principal qui structure le site. Parmi les bâtiments en briques sombres du XIXe siècle, l’habillage des façades par panneaux de verre blanc sérigraphiés fait de cet Ehpad le signal du renouveau de l’institution hospitalière. De typologie résidentielle (comparé aux bâtiments linéaires existants), il s’inscrit en continuité des immeubles d’habitation qui lui font face au-delà de l’enceinte, permettant ainsi aux pensionnaires de se sentir au cœur de la ville depuis leur chambre et les espaces communs. Ceux-ci, disposés au 4e étage et prolongés par une terrasse, sont l’occasion de créer, au-dessus du sol naturel, un second niveau de référence avec vue sur le paysage urbain alentour.

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Maîtrise d’ouvrage : RSF, groupe 3F. Maîtrise d’œuvre : AZC (G. Zündel, I. Cristea), architecte mandataire. BET : Atelier Villes & Paysages (paysage), Igrec Ingénierie (TCE), VS-A (façade), Acoustique & Conseil (acousticien). Entreprise générale : Eiffage Construction IDF Paris. Surface : 13 235 m2 Shon. Montant des travaux : 28,6 M€ HT

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« Il faut pouvoir observer la vie »

« Qu’il soit situé en milieu rural ou urbain, un Ehpad est toujours un élément essentiel de l’organisation de la cité. Il doit donc se trouver, avec d’autres équipements collectifs, au cœur de l’animation urbaine. Dans un village, il est même arrivé que l’implantation d’un Ehpad génère une nouvelle centralité. La vue sur la nature est le fantasme des générations plus jeunes. Dans un Ehpad, la vue sur le parking, où l’on peut assister aux allées et venues, comme dans une rue, est noble : il faut pouvoir observer la vie et pas seulement les petits oiseaux. »

Pascale Richter, architecte.

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Paris XVIIe Dans les mailles de la densité urbaine

Situé dans la ZAC Clichy-Batignolles, cet équipement de 124 places, conçu par Atelier du Pont (Paris) doit répondre à l’un des principaux enjeux du moment : la densification du bâti en milieu urbain au moyen, notamment, de « macrolots », îlots de nouvelle génération où les bâtiments, très proches les uns des autres, sont calés entre eux pour ménager des percées visuelles sur l’extérieur et assurer la mixité sociale et fonctionnelle (Ehpad, logements sociaux, en accession, centre culturel). Les redents qui hérissent les façades permettent cependant d’échapper aux vis-à-vis trop frontaux. Ils autorisent en effet des vues diagonales depuis les chambres, où les lits sont positionnés de telle sorte que les résidents puissent en bénéficier en position allongée. Des balcons viennent se caler dans les creux des redents, offrant un espace extérieur à chaque chambre et, pour certains pensionnaires, des vues sur le nouveau parc Martin-Luther-King, joyau de la ZAC. Chaque niveau bénéficie d’une terrasse et, au niveau de la rue, un parvis d’accueil est aménagé à la manière d’un grand hôtel.

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Maîtrise d’ouvrage : Orpea. Maîtrise d’œuvre : Atelier du Pont (A.‑C. Comar, P. Croisier), architecte mandataire. BET : Atelier Jours (paysage), Kephren (structure), Alto Ingénierie (fluides), Mazet & Associés (économiste), Plan02 (environnement). Principales entreprises : CBC (gros œuvre), Amse (menuiseries extérieures), Balas (plomberie, sanitaire, CVC), Almabat (cloisons, doublages, faux plafonds). Surface : 6 120 m2 Shon. Montant prévisionnel des travaux : 14,5 M€ HT.

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Villejuif (Val-de-Marne) Vieillir dans des maisons de ville

S’il est un endroit où l’on peut avoir envie de passer ses vieux jours, c’est bien dans une maison. Située en limite de l’hôpital Paul-Brousse, entourée de pavillons, cette opération de 160 chambres, conçue par les architectes Elizabeth Naud et Luc Poux, reprend cette typologie au moyen d’une succession de volumes monoblocs carrossés de métal, dont les toits à double pente dissimulent les importants équipements techniques propres à un établissement de santé. Implantées de part et d’autre d’un mail de distribution, ces maisons de ville sont toutes bordées d’un petit espace vert et abritent trois étages de chambres. Elles sont reliées par des volumes vitrés en creux qui accueillent les espaces collectifs. Par leurs différences de dimension, d’orientation sur le site, de teinte du bardage métallique, chacune est unique, comme l’est chaque résident. Car, pour les architectes, réaliser un Ehpad est d’abord un « projet humain ».

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Maîtrise d’ouvrage : France Habitation. Gestionnaire : Arpad. Maîtrise d’œuvre : Naud & Poux, architectes (F. Grilo, chef de projet). BET : Scyna 4 (structure), Tohier (économiste), ETB Antonelli (fluides). Direction de chantier : Cicad. Entreprise générale : Hervé. Surface : 9 200 m² Shon. Montant des travaux : 19,9 M€ HT.

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