Architecture Logements

Du brut dans un panaché architectural

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social - Urbanisme - aménagement urbain

A Paris, un immeuble d’habitation réconcilie densité urbaine et îlot à cœur ouvert.

Le long de la rue Saint-Charles, dans le XVe arrondissement de Paris, un immeuble d’habitation signé de l’architecte François Brugel s’insère habilement dans un paysage urbain disparate de type faubourien, où se télescopent immeubles haussmanniens, ateliers de fabrication, petits bâtiments bas du début du XXe siècle, résidences de standing des années 1970-1980… Avec cette opération de 36 logements sociaux – première construction neuve du troisième millénaire dans cette portion de la rue Saint-Charles ! – sans doute fallait-il arrêter de surenchérir. Ici, pas de bardage métallique multicolore ni autre « enveloppe-signal » très prisée par la création architecturale actuelle. La façade apparaît lisse et minérale, et les percements réguliers. Une alternance paisible de pleins et de vides compose cet équilibre magique entre verticalité et horizontalité, transparence et opacité, qui est l’un des points forts de l’architecture haussmannienne. L’édifice est enveloppé de panneaux en béton brut toute hauteur d’étage, mis en œuvre en parement au-dessus de la structure béton, avec un isolant thermique et acoustique dans l’interstice. Ils confèrent au bâtiment la pérennité nécessaire pour se sentir « chez soi », dans la densité urbaine.

L’art du social. Côté cour, le passé industriel de la parcelle – une ancienne fabrique de pièces d’automobiles – ressurgit. L’un des deux ateliers de fabrication, une belle halle en briques et en béton du début du XXe siècle, a été réhabilité. L’enveloppe a été nettoyée et mise aux normes, et l’intérieur entièrement purgé pour y glisser les appartements dans une nouvelle structure en béton. Le volume est surélevé de deux niveaux, avec une toiture pentue en zinc qui préserve l’identité du bâtiment.

Dans les duplex, des terrasses dites « tropéziennes », sont aménagées sous les combles, perforant la toiture pour offrir un petit espace à ciel ouvert, en prolongement de chambres. Les appartements du rez-de-chaussée bénéficient, quant à eux, d’une belle hauteur sous plafond digne d’un piano nobile , avec des jardins d’hiver qui apportent de l’intimité aux logements de plain-pied sur la cour. Les logements sont distribués par l’arrière, via un passage à ciel ouvert qui longe le bâtiment, à l’instar d’une ruelle de village. Deux volumes en bois, abritant chacun une petite chambre, surplombent le vide, comme des cabanes suspendues. Côté cour, à l’endroit où un atelier a été démoli, un troisième corps de bâtiment a été construit, de même facture que celui sur rue. Son hall est accessible au détour d’un petit passage.

Afin de ménager ces vides précieux que forment la cour et les deux passages, le travail sur la densité a été au cœur du projet. Les appartements se trouvent ainsi savamment imbriqués et leurs typologies réparties de manière à réduire, autant que faire se peut, l’emprise des circulations. A côté du grand confort proposé par ces logements sociaux en simplex ou duplex, dotés de terrasses, de jardins d’hiver et de grandes baies vitrées, ce sont aussi « le détail d’une embrasure, d’un appui, le travail sur la sous-face d’un escalier, la création d’un demi- niveau, l’organisation d’un rangement, la conception d’une menuiserie, qui sont au cœur d’un projet de logement social comme celui-ci », précise son architecte.

Maître d’ouvrage : Elogie. Maîtrise d’œuvre : François Brugel, architectes associés. BET : Cadence (structure), AI Environnement (thermique). Entreprise générale : Genere. Surface : 2 630 m2 SP.

Montant des travaux : 6,67 millions d’euros HT.

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