Architecture Technique Cloisons démontables, amovibles ou mobiles

DTU 35.1 révisé et démarches qualité complétées

Mots clés : Cloison - Démarche qualité - Normalisation - Marquage CE

Publié en février 2015, le nouveau NF DTU 35.1 cloisons démontables constitue les règles de l’art en matière de définition, de conception et d’installation des cloisons démontables et des cloisons amovibles. Les cloisons mobiles représentent une autre famille de cloisons, régie par des règles professionnelles publiées en juillet 2007 à l’initiative du Syndicat SNFA réunissant des fabricants et installateurs de menuiseries extérieures en aluminium et de cloisons intérieures démontables et mobiles. Ces règles professionnelles sont approuvées par la Commission prévention produits (C2P) de l’Agence Qualité Construction.

Les ouvrages considérés

Les cloisons concernées par ces deux textes ne participent pas à la stabilité du bâtiment et s’élèvent sur toute la hauteur entre plancher et plafond. Définitions de ces ouvrages :

Les cloisons démontables

sont constituées d’éléments dont le démontage et le remontage peuvent nécessiter de déplacer d’autres éléments et de remplacer certains constituants.

Les cloisons amovibles,

sous-famille des cloisons démontables, sont composées d’éléments interchangeables : modules pleins, modules vitrés, modules blocs-portes… Cette interchangeabilité se fait sans mouvement des modules adjacents. Ils peuvent être légèrement translatés ou pivotés pour dégager le module concerné.

Les cloisons mobiles

sont constituées de panneaux suspendus au plafond sur un réseau de rails solidaires du gros œuvre, sans rails de guidage en partie basse. Les éléments sont facilement manœuvrables et peuvent être déplacés pour séparer ou pour réunir presque instantanément des locaux contigus.

DTU 35.1, norme en 3 volets

L’ancienne version du DTU, datant de septembre 2003, comportait deux parties. Ses articles, complétés par de nouvelles dispositions, sont désormais répartis en trois volets.
La partie 1-1 de la norme DTU est le cahier des clauses techniques types (CCT) qui définit les dispositions constructives et les conditions requises pour la mise en œuvre.
La partie 1-2, critères généraux de choix des matériaux (CGM), présente les matériaux et produits utilisables, les critères et les performances.
La partie 2 est le cahier des clauses administratives spéciales types (CCS). Il précise les travaux prévus au marché et ceux qui en sont exclus, les dispositions de coordination avec les autres entreprises et intervenants et enfin les moyens de régler les difficultés et les contestations.

Domaine d’application, types de cloisons démontables

Comme dans sa précédente version, le DTU ne s’applique pas aux cloisons mobiles, aux cloisons basses, aux cloisons constituant garde-corps, aux ouvrages de miroiterie relevant du NF DTU 39, aux ouvrages d’enveloppe constituant des murs extérieurs, aux cloisons en plaques de plâtre relevant du NF DTU 25.41.
La hauteur maximale des cloisons visées est passée de 3 m à 3,50 m.
Aux cloisons à ossature sont venues s’ajouter, dans le nouveau DTU, les cloisons vitrées « bord à bord ». Sans ossature, elles sont composées de vitrages juxtaposés pris en feuillure sur leurs deux côtés horizontalement. Les vitrages peuvent être à bords « libres » ou liaisonnés entre eux, mécaniquement ou par collage. On entend par liaison tout système qui permet de transmettre au vitrage adjacent les déformations du vitrage sollicité.

Supports admissibles et tolérances de mise en œuvre

Les tolérances dimensionnelles admissibles des supports (planchers, plafonds, parois verticales) n’ont pas changé depuis l’ancienne version du DTU. La conception de la cloison doit permettre le rattrapage de ces écarts par un essai spécifique.
Les tolérances de mise en œuvre sont aussi inchangées : 2 mm/m pour l’horizontalité et un décalage des alignements de 2 mm maximum.

Dispositions constructives

Les dispositions constructives sont complétées, pour les cloisons vitrées, par l’indication des hauteurs de prise en feuillure des vitrages : 5 mm minimum pour des vitrages pris en feuillure sur quatre côtés, 5 mm en haut et 10 mm en bas minimum pour les vitrages pris en feuillure horizontalement sur deux côtés. Tout contact entre les chants des vitrages bord à bord libres est proscrit. Un jeu minimum de 2 mm (vide ou avec un remplissage souple) est nécessaire pour éviter la propagation de casse en chaîne d’un panneau de verre à l’autre.
La tenue et le dimensionnement des vitrages sont à justifier par des essais selon les exigences de stabilité aux chocs et poussées définies dans la partie 1-2 (CGM). Sont validés sans essai les vitrages proposés dans une annexe C.
Selon leur localisation, les cloisons vitrées peuvent jouer un rôle dans la protection des personnes des risques de blessure en cas de heurt. Les dispositions à mettre en œuvre, dont la localisation et le marquage de visualisation, sont détaillées dans une annexe B. Ainsi, des vitrages de sécurité sont recommandés entre bureaux et circulations.

Une annexe D pour de nouvelles exigences

Une annexe D a été créée. Elle contient notamment des dispositions applicables en zones sismiques. Dans le cas d’une prise en compte de l’aléa sismique, si la cloison présente une masse ≤ 25 kg/m² et une hauteur de chute ≤ 3,5 m, il n’est pas exigé de prendre en compte l’action sismique dans la conception et le dimensionnement de la cloison. Dans le cas contraire, la cloison doit faire l’objet d’une prise en compte du risque sismique en déterminant par calculs l’action sismique et en justifiant une reprise des mouvements par des dispositions constructives.
Les performances acoustiques des cloisons s’expriment en RA (RW + C), mesuré en laboratoire, à ne pas confondre avec l’isolement acoustique standardisé pondéré DnT, A, qui représente l’isolation entre deux locaux.
Une performance de réaction au feu de la cloison peut être exigée suivant le type de bâtiment. Dans ce cas cette performance est caractérisée par la réaction au feu de son revêtement.

Critères de performances

Les essais de stabilité aux chocs de sécurité d’utilisation décrits dans la précédente version du DTU sont inchangés. Mais la version 2015 ajoute des exigences en matière de déformation de confort à la poussée horizontale, sous l’effet d’une charge linéique et d’une charge ponctuelle. De nouvelles exigences portent sur les systèmes de liaisonnement par collage des vitrages liaisonnés, pour confirmer leur durabilité en matière de compatibilité physico-chimique, de vieillissement et de bonne application.

Démarches qualité

Le Cerff Cloisons est une démarche qualité démontrant que les systèmes de cloisons répondent aux exigences du NF DTU 35.1 pour les cloisons démontables et amovibles ou aux règles professionnelles concernant les cloisons mobiles.
Pour les entreprises qui fabriquent et installent ces cloisons ou qui les achètent et les installent, plusieurs qualifications Qualibat valident leurs compétences techniques (voir tableau ci-contre). Créé par le SNFA pour ses adhérents, Label cloison est une nouvelle démarche qualité pour les entreprises de cloisons démontables et mobiles installées qui démontre que le produit fabriqué et installé respecte le NF DTU 35.1 ou les règles professionnelles. Le référentiel Label cloison associe des systèmes de cloisons certifiés Cerff Cloisons, une installation dans les règles de l’art (Qualibat), un plan d’assurance qualité audité assurant la constance des performances déclarées, un engagement de service (maintenance et réaménagement). La conformité au référentiel et les audits sont réalisés par Socotec.

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