Enjeux Coup de griffe

Droit dans le mur

« Les affaires sont les affaires ». En mars, c’est LafargeHolcim qui a rejoué la célèbre pièce satirique d’Octave Mirbeau. Quelques semaines après avoir admis le financement indirect du groupe terroriste Etat islamique pour maintenir l’activité d’une cimenterie en Syrie, le géant franco-suisse créait à nouveau le malaise en se déclarant prêt à fournir ses matériaux de construction pour le mur anti-clandestins du président Trump.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. A l’instar du Conseil de Paris, qui se passera des 3 000 tonnes de sable de LafargeHolcim pour Paris-Plage. Ou encore du bimensuel « Society », qui pilonne le cimentier dans un article intitulé « Je bosse pour des salauds ». Même François Hollande s’est senti obligé de mettre en garde le cimentier.

La leçon de morale économique est donnée par Xavier Huillard, P-DG de Vinci : « Si nous décidons de faire quelque chose qui est susceptible de choquer une majorité de nos salariés, je crois qu’il vaut mieux l’éviter. » La major ne sera pas candidate aux appels d’offres du mur. LafargeHolcim, lui, se serait depuis ravisé. Mais le mal est fait.

Evidemment, business is business. Bien sûr, les entreprises font face tous les jours à des réalités de marché difficiles. Mais les codes ont changé ! Rejouer la pièce de Mirbeau à l’heure de Twitter, c’est prendre le risque de s’exposer à un retour de bâton plus rapide. Et peut-être, même, de connaître le triste sort d’Isidore.

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