Annuel aménagement

Drocourt Des îles thématiques sur une friche minière

Mots clés : Aménagement paysager - Collectivités locales - Eau - Espace vert - Métier de la construction - Rénovation urbaine

Le site des anciennes cokeries de Drocourt, requalifié par les paysagistes-urbanistes de l’agence Ilex, a désormais laissé la place au parc des Iles qui comprend un plan d’eau de sept hectares. Au-delà de sa fonction récréative, l’ambition de cet aménagement est d’engager un processus de restructuration urbaine sur l’ensemble de l’agglomération.

La reconversion des anciennes cokeries de Drocourtest l’occasion pour la région de se doter d’un grand parc naturel et urbain de 160 hectares, et d’amorcer la renaissance de ces terres restées longtemps en souffrance. Le site se trouve au cœur du bassin minier historique, au sud de l’agglomération lilloise. La démolition des usines, effectuée en 2002, a laissé place à une vaste étendue plane, dominée par les terrils désignés par les numéros 84, 101 et 205. « L’objectif de cette opération est la reconquête d’un territoire malmené par plusieurs générations d’exploitation minière, explique l’agence Ilex. Aujourd’hui, l’histoire s’inverse : ce site qui était considéré comme l’arrière de la ville se retrouve en position centrale, apte à devenir un équipement phare de l’agglomération d’Hénin-Carvin ». Car ce territoire à reconquérir se trouve à cheval sur trois communes : Hénin-Beaumont, Rouvroy, et Drocourt, longtemps mises à distance par cet immense trou noir que constituait la mine. Elles sont désormais reliées par ce parc, qui agit comme un nouvel élément fédérateur.

Lauréats du concours en 2005, les paysagistes lyonnais d’Ilex ont imaginé un « parc des Iles » qui est avant tout « un jeu de déblais/remblais, avec près de 200 000 m3 de mouvements de terre sur site » précise l’agence. Pour dépolluer ces terres minières, une couche épaisse de 30 cm de schiste sain a été préalablement déposée au-dessus du terrain naturel. Cette terre saine a été déplacée puis remise en place une fois terminés les importants travaux de terrassements.

Le projet traduit la dualité d’un parc qui se veut à la fois naturel et urbain. D’une part, il respecte l’histoire des lieux en restaurant les milieux naturels (renaturation des terrils, reboisement). D’autre part, il dessine une nouvelle géographie autour d’un bassin de sept hectares animé d’îles humides thématiques. Entre-deux, une grande prairie d’évolution jalonnée d’îles sèches, boisées et surélevées.

Au-delà de ses fonctions premières, environnementale et ludique, le parc est envisagé comme un élément de stratégie urbaine, capable d’entraîner la revalorisation foncière des terrains voisins. « Si hier, la ville tournait le dos à l’usine, il ne faudrait pas que ce qui était un trou noir devienne un trou vert. Ce parc doit devenir un nouveau ferment d’urbanité », explique Guerric Péré (lire ci-contre), paysagiste d’Ilex en 2007. Symboles d’une perméabilité retrouvée, de nouveaux liens urbains sont créés sous forme de deux grands axes de traversée : un mail piétonnier et une voie automobile. Reconstruire les franges du parc, densifier et relier les communes, redonner du sens aux espaces libres, les objectifs du projet sont ambitieux et multiples. Des projets urbains, architecturaux mais aussi économiques voient le jour, une zone franche notamment et une opération primée lors du concours Europan 2005. « Le projet, conclut Ilex, est conçu comme une vaste plateforme d’avenir, polyvalente et capable d’accueillir de multiples activités de loisirs, pédagogiques et liées à la nature. Un parc pensé pour évoluer et faire le lien dans un paysage totalement réinventé, entre l’habitat urbain, l’activité économique et le réseau départemental des voies vertes. » La première phase (45 hectares), quelque peu retardée par l’effondrement de galeries souterraines, s’achève. La seconde phase n’est pas encore programmée.

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ENCADRE

Fiche technique

Lieu: communes de Hénin-Beaumont, Drocourt

et Rouvroy (62).

Maîtrise d’ouvrage : communauté d’agglomération

d’Hénin-Carvin.

Concepteurs: Ilex (mandataire), paysagistes urbanistes; Nadia Herbreteau, chef de projet ; Sylvie Willems, paysagiste conseil HQE; Maning, BET infrastructure et économie;

Tauw, BET techniques environnementales.

Calendrier: 2005 (concours) ; 2007-2009 (réalisation).

Surface: 160 ha pour le projet d’ensemble;

première phase de 45 ha.

Montant des travaux : 6,5 millions d’euros HT.

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