Territoires Nantes

Dominique Perrault offre au groupe d’ingénierie Keran un siège solide et dense

Mots clés : Architecte - Conception

Chaque bâtiment a sa propre histoire. Celle du tout nouveau siège du groupe d’ingénierie Keran (1), inauguré le 24 septembre, est déjà longue. Elle pourrait trouver son origine dans les années 1990, lorsque le jeune architecte-urbaniste Dominique Perrault est chargé d’une étude urbaine exploratoire pour la création de l’île de Nantes. « Le fait que ce bâtiment soit situé sur l’île de Nantes a été déterminant, tout comme le fait qu’il soit pour une société d’ingénierie, des métiers proches des nôtres. Tout cela a du sens », explique Dominique Perrault.

La rencontre avec Yves Gillet, président fondateur de SCE – devenu Keran – remonte à 2010. C’est l’année de la Biennale de Venise, où Dominique Perrault est commissaire de l’exposition « Metropolis ? » dans laquelle Nantes et son île figuraient au premier plan. C’est aussi l’année où SCE remporte la consultation de maîtrise d’œuvre urbaine de l’île de Nantes, avec Marcel Smets et Anne Mie Depuydt. « La Samoa [aménageur de l’île de Nantes, NDLR] nous a proposé un site, rue René-Viviani. Nous nous sommes dit que ça pourrait être l’occasion de solliciter Dominique Perrault. Tout a convergé en l’espace de deux mois et nous avons commencé à travailler ensemble dès la fin de l’été », raconte Yves Gillet.

Des façades différenciées en fonction de l’exposition.

Tout va alors très vite. « Dominique a très rapidement compris le projet et a imaginé le bâtiment comme une commode avec des tiroirs plus ou moins ouverts selon les besoins », explique le président de Keran. « Comme des doigts qui s’entrecroisent, les différents volumes viennent créer une charnière qui symbolise la synergie entre les différents départements du groupe », ajoute Dominique Perrault.

Cette articulation permet à l’architecte d’organiser un dispositif cinétique des différentes faces (sculptée sur la rue au nord, plane et rythmée par des brise-soleil au sud). Avec sa façade en mur-rideau de verre (vert) et de métal (noir), cet immeuble de 7 000 m2 apparaît comme solide, dense et compact. « On ne voulait surtout pas faire du bureau en blanc. C’est un immeuble qui a son caractère, qui a du poids », commente Dominique Perrault.
Sans la découverte sur l’emprise foncière d’une pollution lourde du sous-sol (entre – 4 m et – 6,5 m), le nouveau siège de Keran aurait été livré il y a un an. Malgré cet incident, le budget de 16 millions d’euros HT (dont 12 millions de travaux), sera tenu. Et la qualité est au rendez-vous. Un détail parmi d’autres : à l’intérieur, les niveaux dépassent de 20 cm les standards en vigueur.

Portfolio sur www.lemoniteur.fr/keran

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(1) En 2014, le groupe Keran a réalisé 40 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 20 % à l’international. Il compte 500 collaborateurs à travers quatre sociétés : SCE, Creocean, Naomis et Groupe Huit.

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