Architecture Technique Equipement culturel

Dix ans après, le musée du quai Branly affiche encore sa différence

Mots clés : Manifestations culturelles - Musées - galerie

L’établissement parisien inauguré en juin 2006 présente peu de pathologies.

«Dans sa conception, ses matériaux et ses équipements, il n’accuse aucun défaut. Son architecture, ses jardins, l’organisation de ses espaces lui confèrent une forte personnalité, parfaitement en phase avec l’esprit des œuvres présentées. » Jérôme Bastianelli, directeur général délégué du musée du quai Branly, ne cache pas sa satisfaction. En témoigne : l’unique action en garantie décennale actuellement engagée concerne les canalisations rigides qui alimentent en eau les bassins en terrasse du bâtiment principal. Depuis son inauguration, le 20 juin 2006, l’ouvrage fait partie des monuments parisiens du XXIe siècle à visiter. Prévu à l’origine pour recevoir 800 000 visiteurs par an, il en accueille aujourd’hui jusqu’à 1,5 million. Outre les collections, les bâtiments dessinés par Jean Nouvel attirent le visiteur. Ils font différence avec un musée occidental classique, avec des façades et des plafonds couverts de fresques peintes par des artistes aborigènes d’Australie, le mur végétal de Patrick Blanc, le grand bâtiment métallique sur pilotis et ses trente cabanes en suspension sur la façade nord, le jardin du paysagiste Gilles Clément.

Mise aux normes accessibilité.

Reste à savoir comment, après dix ans, les lieux ont évolué. Plusieurs campagnes de travaux ont permis de compléter le projet. D’abord avec la création d’une muséothèque en 2010 (1 million d’euros), aménagée dans les sous-sols en interface avec les réserves. En 2012, un abri de jardin extérieur dessiné par Jean Nouvel est édifié en bordure nord-est (400 000 euros). En 2013, le toit terrasse de 750 mètres carrés de la médiathèque est couvert d’une œuvre aborigène visible depuis la tour Eiffel (60 000 euros). Enfin, la mise aux normes de l’accessibilité est conduite avec soin puisque trois labels ont été décernés au musée qui continue à améliorer la signalétique, trouvant des compromis entre visibilité et discrétion.

D’autres interventions d’usage ont été conduites. C’est le cas de l’encadrement de la rampe d’accès du grand hall dont le bois teinté blanc d’origine se salissait ; il est remplacé par un revêtement en Corian (résine acrylique et minéraux) dont l’entretien est bien plus simple et intègre un banc recouvert de cuir à la base externe. Plusieurs opérations de changement des sols en linoléum ont été opérées à l’identique dans les espaces de lecture et les mezzanines. L’entretien du revêtement mural et des bancs en cuir réclamant un savoir-faire très technique, il a été difficile de trouver une entreprise sachant travailler des surfaces courbes. Les décors aborigènes en façade ou aux plafonds du bâtiment de la rue de l’Université ne bougent pas, seules quelques formes gravées en épaisseur ont dû être nettoyées car salies par la pluie côté ouest. Enfin, le nettoyage de la palissade en verre est effectué tous les deux mois avec des perches hautes. Ce qui nécessite un coup de main que le personnel a vite acquis.
Aujourd’hui, le budget annuel de travaux varie de 1 à 2 millions d’euros selon les années. Le plan pluriannuel prévoit le contrôle des brise-soleil, le changement de certains revêtements en bois des terrasses, l’amélioration de la régulation et de la centrale de traitement de l’air. A l’avenir, le musée envisage de rénover le système central de gestion des alarmes d’incendie, réfléchit à une évolution de la billetterie en plein air et se prépare à revoir l’étanchéité du mur végétal du quai Branly.

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« Un hommage aux civilisations »

« Ce musée est un lieu qui s’émancipe des références habituelles de l’architecture, sans reprendre les codes usuels des musées occidentaux. Ni marbre ni granit, mais du fer, de l’acier, du linoléum et des cuirs. Côté nord, il est protégé par de hautes palissades en verre qui suivent la courbe du quai Branly. C’est une transition, une mise en condition, un hommage aux civilisations qu’on vient visiter. Traditionnellement dans ce quartier haussmannien, les jardins sont plantés au centre de la parcelle. Ici, nous avons installé le bâtiment principal sur pilotis, au milieu de plantations exubérantes. Sa hauteur ne nuit pas à la vue des riverains : les jardins sont visibles en tous points. Mieux encore : le bâtiment se lit à travers le filtre des arbres. »

Jean Nouvel, architecte

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