Annuel immobilier

Dison (Belgique) Interlac, centre-ville bis

Mots clés : Architecte - Etat et collectivités locales

Un trio promoteur-municipalité- architecte a transformé une laiterie désaffectée en un pôle de vie à usages mixtes.

Comme beaucoup de villes de Wallonie, Dison a connu un long déclin depuis les années 1970 et le début de la désindustrialisation. Située à 40 km à l’est de Liège, elle est aujourd’hui l’une des communes les plus pauvres de la région. Symbole de temps meilleurs, la laiterie Blanche-Neige trônait au centre de cette municipalité de 15 000 habitants. L’usine, qui a fermé ses portes en 2001, s’étendait sur 2,3 ha. Malgré un positionnement en cœur de cité, le site, devenu friche industrielle, ne suscite pas d’intérêt de la part de la mairie. Situé à 600 m d’une autoroute, le foncier est racheté en 2001 par un promoteur, Fabrizio De Vincentiis, qui désire la transformer en zone de franchises. Confronté au refus de la mairie de lui accorder la moindre autorisation, il prend attache avec une agence d’architecture liégeoise, Baumans-Deffet, qui se trouve avoir un bureau à Dison. Arlette Baumans et Bernard Deffet, animés d’une fibre sociale prononcée, vont transformer ce qui n’était au départ qu’un projet de complexe commercial sans originalité en un pôle de vie mixant usages commerciaux, professionnels et culturels. « Le promoteur voulait tout raser. Nous lui avons plutôt proposé de garder la structure principale en béton de la laiterie. Contraint et forcé, il a joué le jeu, et les élus sont revenus autour de la table », se souvient Arlette Baumans.

Convaincre le promoteur. Dans une première phase, un magasin Intermarché s’installe en 2008 au rez-de-chaussée du site. « Le promoteur ne voulait alors pas entendre parler de l’occupation des étages. A l’époque, nous avons fait en sorte de rendre possible leur futur aménagement en préservant les accès et une zone de circulation technique. Le promoteur n’en était qu’à moitié conscient ! » En 2006-2007, la municipalité cherche à dépenser des fonds structurels européens, et le site, désormais baptisé Interlac, va en être l’occasion. « La ville voulait construire un centre culturel pour des expositions, des conférences, des spectacles… Nous avions imaginé un projet qui prévoyait de tels équipements, explique Bernard Deffet. Au même moment, la télévision du cru cherchait des locaux. » Le promoteur revend alors une partie de la laiterie à la ville, rendant l’opération possible. Une galerie commerciale, trait d’union avec le centre de Dison, est ajoutée. Une dernière phase portant sur la construction d’un îlot résidentiel est encore en projet. Émergent en Belgique comme en France, ce type d’opérations public-privé a pu ici se réaliser grâce au dépassement de fonctions de Baumans-Deffet.

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ENCADRE

12 495 m² aménagés

Coût total : 13 millions d’euros

2,7 millions d’euros de fonds européens

ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Administration communale de Dison. Maîtrise d’œuvre : Baumans-Deffet (phase 1 et phase 2). BET : Lemaire (stabilité, techniques spéciales), phase 1 et 2. Consultants : L’Escaut-Objectif Régie-Atelier Paysage (phase 1), Jacques Fryns-ATS (phases 1 et 2). Entreprises : Wust (phase 1)/Galère (phases 1 et 2). Coûts : 7,1 M€ HT (phase 1). 4 M€ HT (phase 2).

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