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Discours de la méthode

Mots clés : Architecture

Vaste ambition que celle de Jacques Lucan : dégager les problématiques et les principes fondamentaux de l’architecture des trente dernières années, celle de l’après postmodernisme. Reprenant le titre de l’ouvrage de Le Corbusier publié en 1930, il examine les nouveaux concepts et méthodes de conception qui ont émergé : le recours aux diagrammes, les dispositifs texturiques ou organiques, les approches phénoménologiques, les polarités archaïques ou sublimes, le rapport au milieu et au paysage… en s’appuyant sur des exemples puisés chez les architectes qui ont marqué la période : Koolhaas, Herzog et de Meuron, Zumthor, Sanaa… En avant-première, en voici quelques bonnes feuilles.

Diagrammes comme structures

Sachant que Koolhaas a souvent dit que les programmes ont plus d’imagination que les architectes, la définition du modèle conceptuel d’une « structure », c’est-à-dire d’un diagramme, est l’étape indispensable de l’analyse et du questionnement concernant les potentialités d’un programme, depuis ce qui est générique et ce qui est spécifique, depuis ce qui est stable et ce qui est instable. Dans cette voie, Koolhaas franchirait un pas supplémentaire vers une énigmatique disparition de l’architecture. Celle-ci, confrontée à la lenteur de sa réalisation – « Architecture was simply too slow », dit-il -, n’importe quel projet important demandant au moins cinq années pour être construit, pourrait-elle être envisagée comme une « pure forme libérée de la nécessité d’être réalisée » ? Est-ce à dire que le « nouveau territoire » de l’architecture serait l’énonciation de la forme d’un programme, c’est-à-dire d’un diagramme ? La réponse de Koolhaas est à l’ouverture de Content, en 2003 ; elle vient après une vingtaine d’années d’explorations diagrammatiques. Elle propose une véritable assomption diagrammatique de l’architecture, l’architecte étant appelé à remplir une mission prométhéenne : « Peut-être, l’architecture n’a pas, après tout, à être stupide. Libérée de l’obligation de construire, elle peut devenir une manière de penser à propos de tout – une discipline qui représente les relations, des proportions, des connections, des effets, le diagramme de toute chose. »

Organique

Koolhaas, après la publication de S, M, L, XL, en 1995, a pu penser que les tenants des moyens numériques, étant donné leurs convictions, considéraient qu’il était « fini ». Il avoue avoir été fasciné par leur travail, celui des Lynn, Alejandro Zaera Polo (1963), fondateur avec Farshid Moussavi (1965) de Foreign Office Architects, et autres Ben van Berkel (1957), fondateur avec Caroline Bos (1959) d’UNStudio. Il n’empêche qu’il se sent alors «...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 245 du 14/10/2015
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