Architecture Technique Habitat

Deux tiers dedans, un tiers dehors

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel

Antithèses de la compacité, les logements conçus par LAN sont transpercés par de généreuses loggias.

En matière de logement idéal, il y a le rêve de beaucoup : la maison avec jardin. Il y a aussi la définition qu’en donne Jean Nouvel : « un beau logement, c’est un grand logement ». Désormais, à Bègles, à la périphérie de Bordeaux (Gironde), on peut découvrir la synthèse qu’ont faite les architectes de LAN de ces deux conceptions. Dans le quartier des Terres Neuves, lieu d’une opération de rénovation urbaine, l’agence de Benoît Jallon et Umberto Napolitano a réalisé en 2015 deux immeubles de logements en accession dont les 79 appartements ont été dotés de loggias de généreuses dimensions. Ainsi ces espaces extérieurs mesurent de 30 à 60 mètres carrés environ et représentent en moyenne le tiers de la surface de chaque lot. Surtout, ils forment autant de vides creusés dans l’épaisseur des bâtiments qui permettent aux habitants de jouir de volumes traversants, à la fois aérés et abrités.

Pour créer ces grands percements, LAN a tiré parti de la constructibilité de la parcelle. « Nous pouvions construire jusqu’à 14 000 mètres carrés, explique Umberto Napolitano. Alors, si les habitations représentent quelque 7 000 mètres carrés, les surfaces totales sont en fait de 10 000 mètres carrés. Nous obtenons ainsi des appartements qui ont quatre façades et des orientations multiples. » Avec leur espace de plein air privatif, les logements offrent donc les attributs de maisons individuelles. « Dans ce projet, priorité a été donnée à l’individualisation des logements », confirme Julien Leriche, directeur du développement de la promotion immobilière chez Ataraxia, le maître d’ouvrage.

« Enveloppes capables ».

Pour LAN, ce choix de répartition des espaces a une autre ambition. Selon Umberto Napolitano, « ces loggias traversantes forment des enveloppes capables. Si, à plus ou moins long terme, les occupants souhaitent les transformer en une pièce supplémentaire, il suffira de les clore ». Mais il faudra alors que le règlement de copropriété l’autorise.

Les plans de LAN vont donc à l’encontre du principe de compacité et accroissent d’autant le développé de façades. Il a fallu en contrebalancer le coût par le choix constructif – « une structure poteau-dalle de béton de type parking », explique Umberto Napolitano – ainsi que des prestations minimales. « Tout est standard dans ce projet, poursuit l’architecte. La tôle de façade est la moins chère qui existe. » Et puisque, pour paraphraser une vieille publicité, « le vrai luxe, c’est l’espace », les bâtiments n’en rajoutent pas non plus dans l’apparence. Mais l’avantage avec les basiques, c’est qu’ils ne se démodent pas.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ataraxia. Maîtrise d’œuvre : LAN Architecture ; BET : Batiserf Ingénierie (structure), Franck Boutté (HQE), LBE (fluides), Michel Forgue (économie). Principales entreprises : Harribey Constructions (gros œuvre), Satob (ossature bois), Smac (bardage métal), DSA Aquitaine (isolation extérieure), Spac (serrurerie, métallerie). Coût : 8 millions d’euros HT. Livraison : 2015. Surface : 6 890 m².

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