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Design sonore

Mots clés : Architecte - Architecture - Démocratie locale - Pollution sonore

Jean-Benoît Dunckel (en noir sur la photo) et Nicolas Godin (en rouge), les deux protagonistes du groupe Air, figure de proue du mouvement électro french touch, ont construit leur studio d’enregistrement dans la villa Marcel Lods à Paris (19e). Ils nous font part des réflexions et des choix qui ont guidé l’aménagement du lieu et de l’importance de l’acoustique dans leur appréhension de l’espace.

Pour la conception de ce nouveau studio, quelles ont été les contraintes spatiales et acoustiques liées à votre manière de travailler ?

Il y a quatre ans de cela, nous sommes arrivés sur le site de notre futur studio – ancien lieu de stockage pour les déménagements Oudoul -, un terrain vague. Rien n’existait alors derrière le socle de la façade classée de la villa Marcel Lods. Pas de mur, que de la terre. On pouvait voir jusqu’à la rue de l’Atlas. Nous avons tout de suite senti que l’endroit était sain et vibrait bien, que nous y serions bien. A partir de ce sentiment, nous avons entrepris de construire. Pour la réalisation de ce projet, nous avons alors fait appel à l’acousticien Christian Malcurt qui a participé au choix de cette implantation. La partie supérieure du bâtiment était conservée, destinée à accueillir du logement collectif. Etant donné cette proximité de programme, nous voulions avoir la garantie absolue qu’aucun bruit ni vibration ne passeraient à l’extérieur. La maçonnerie a été isolée au moyen de boîtes flottantes acoustiques en béton sur systèmes antivibratiles et les gaines calfeutrées. L’ambiance acoustique a été modelée avec de la laine minérale à forte densité, du tissu technique et des panneaux bois. Nous voulions obtenir une sonorité parfaite. Un son mat assez uniforme et des zones claires ménagées ponctuellement, pour les claviers notamment. Nous voulions que le lieu sonne bien, qu’il ne nécessite pas d’implantations figées et qu’il réunisse les qualités d’un home studio, modèle avec lequel nous sommes nés. Ne pas perdre cet état d’esprit tout en profitant d’un vrai studio d’enregistrement. Ce choix explique que nous ayons aménagé une grande cabine pour installer tous nos instruments. Nous ne voulions pas juxtaposer des petites cabines par instrument, comme il est fréquent de le faire, mais ouvrir les espaces de travail. La plupart du temps nous sommes seuls dans ce studio. Aussi, la question de l’identité française, de l’image que les étrangers se font d’un studio parisien, rentrait-elle dans nos problématiques. D’où le choix des couleurs blanc et noir pour rompre avec le côté chalet de certains lieux d’enregistrement internationaux. Notre groupe a une identité musicale très forte et nous voulions que notre espace de production soit en adéquation avec ce que nous véhiculons. Quand un musicien arrive ici, il doit avoir le sentiment d’être à Paris. En ce qui concerne l’utilisation des lieux, nous n’avons pas l’ambition d’être patrons de studio mais cet outil peut intéresser certains de nos amis musiciens. Il va donc fatalement accueillir d’autres personnes que nous mais il n’a pas été conçu pour cela. C’est un produit sur mesure, calqué sur notre manière de travailler. Ce qui ne l’empêche pas d’être simple à utiliser. La salle d’enregistrement est aménagée en fond de parcelle,...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 192 du 01/11/2009
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